Jeunes et féminité : Haro sur la «vulgarité» !





D’aucuns pensent que les filles qui se font discrètes sont de plus en plus rares. Celles qui se donnent en spectacle sont «légion» : make-up frappant, habits de parade, gestes indélicates et propos ineptes sont monnaie courante chez la jeune gent féminine... La notion de la féminité aurait-elle changé ? Tunis - Le Quotidien Fini le temps de Marylin, Bardot, Ava Gardner, Romy Schneïder ou encore Faten Hamama ou Nadia Lotfi. C’est Britney, J. Lo, Beyonce et encore Nancy Ajrem et Haïfa Wahbi, qui symbolisent l’idéal féminin de nos jours. L’image que véhiculent ces starlettes est un «sex-appeal» basé sur la provocation et l’exhibition. Et comme le processus d’imitation est notoire chez les adolescentes, nous avons de plus en plus affaire à des filles influencées par ces images. Plus elles s’identifient à ces stars en vogue, plus, elles ont l’impression d’exercer du charme. Or, certains jeunes hommes sont nostalgiques à ces filles fines, douces, discrètes et pudiques et qui se font de plus en plus rares... Mehdi, 19 ans, lycéen, trouve que la féminité ne peut jamais se dissocier de la pudeur et de la délicatesse. «Mis à part quelques exceptions, la féminité a perdu de sa valeur chez nombre de jeunes filles. En tant qu’homme, je cherche forcément une féminité débordante ! Hélas les filles ressemblent beaucoup aux hommes. Elles crient en public, n’ont plus froid aux yeux. Elles sont des professionnelles de la provocation et de la médisance !», dit-il désolé. Mehdi voit partout de faux-semblants de stars. «Les clips qui sont véhiculés en boucle sur les chaînes musicales exhibent des rondeurs et des formes sculpturales... Certes, cela nous attire dans la mesure où c’est une mise en scène... Mais à voir que toutes les filles ou presque font tout pour ressembler à ces vedettes, cela me «dégoute». Il y a un côté vulgaire qui surgit et cela ne peut que me choquer...», dit-il. Tout comme Mehdi, Ali Boukardougha, 18 ans pense que bon nombre de jeunes filles ont une «carence» en matière de valeur. La féminité étant pour lui une notion fixe, elle ne peut être, à présent, admise autrement. «La féminité est préfixée. Pudeur, douceur, finesse, beauté... riment avec féminité. De nos jours, les filles imitent les hommes. Et le comble c’est quelles nous imitent négativement... Elles sont devenues pires que les hommes : tabac en pleine rue, injures, propos balourds, irrespect envers les enseignants... Elles n’ont plus honte ! Et en plus, ce genre de filles a un look mi-garçon mi-fille : jeans serrés, baskets sur fond de make-up criard... c’est révoltant !», dit-il. Haythem, 19 ans, est plus optimiste que les autres. «Tout de même, la féminité existe encore chez grand nombre de filles ! Certaines jeunes filles sont fines, douces et intelligentes. Ce sont les caractéristiques de la finesse. Nous les hommes ne changerons pas et c’est ce genre de filles qui attire depuis la nuit des temps. Toutefois, même une fille vêtue de jeans, tee-shirts et baskets peut dégager de la féminité si elle garde son côté naturel, doux et pudique. Par contre, ce sont les filles indécentes, impudiques et cyniques qui, à mon sens, n’ont aucun rapport avec la féminité», dit-il. Les filles s’expliquent... Les filles refusent qu’on leur «ôte» cette épithète de féminité. «Rien de plus dégradant pour une femme !», dit Samiha, 26 ans, étudiante. Samiha a un regard critique des choses. Elle juge la féminité selon plusieurs aspects. «D’abord, il faut que la femme soit fière d’être femme. Cela doit se refléter physiquement. Elle doit avoir un goût raffiné et subtile dans ses habits et son maquillage. Elle doit être douce et discrète... D’ailleurs même le ton de sa voix doit être argentin et limpide. Et bien sûr, elle doit se comporter en fille avec autant de réserve et de délicatesse... Sinon à quoi bon d’être femme !», dit-elle. D’ailleurs, Samiha pense que certaines filles passent par une crise identitaire à l’adolescence. «A l’adolescence, certaines agissent de manière fruste et balourde juste pour rivaliser avec l’homme et pour s’imposer dans notre société patriarcale qui refuse encore implicitement que la fille soit dans la rue, dans les écoles et exécutant un travail. Mais, je pense que ce n’est qu’un passage. Une fois l’adolescence dépassée, elles retrouvent leurs repères et se réconcilient avec leur nature féminine», explique-t-elle. Idem pour Dhouha, 25 ans, étudiante, pour qui la féminité est un tout. «Une vraie femme est celle qui est fière de ce qu’elle est. Une personne fine, douce, au goût et aux sentiments raffinés et subtiles. Toutefois si cette gent féminine s’adonne parfois à des comportements rigides et indélicats, c’est pour réussir à se faire place dans la société par rapport à l’homme», dit-elle. Toutes celles qui croient donc charmer et se faire apprécier en optant pour un comportement indélicat, en utilisant des propos grossiers et en agissant avec vulgarité doivent rectifier leur tir... Les hommes aiment toujours la féminité et la féminité dissone avec vulgarité, exhibition et indécence... Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com