Ghazi Ayadi au “Quotidien”: “Les chanteuses «osées» me dégoûtent!”





Habité par l’amour de la musique et l’ambition, Ghazi Ayadi a su, durant quinze ans de carrière, forger son propre style musical. Ses nouveaux projets artistiques, son évaluation de la scène musicale arabe et son équipe favorite sont les grands axes de cette interview. *Où en est Ghazi Ayadi ? —Actuellement, je suis en plein chantier pour mettre les dernières retouches à mon nouvel album qui sera “Inchallah” sur le marché vers la fin du mois de janvier ou au plus tard vers la première semaine de février 2005. On n’a pas encore choisi le nom de ce CD mais il sera composé de huit chansons signées par des compositeurs et des paroliers égyptiens et libanais. J’ai enregistré douze chansons mais je vais en sélectionner huit seulement pour ne pas charger l’album. Dans cette nouvelle production musicale, j’ai mis l’accent sur les chansons du “Tarab”. Parallèlement, je serai l’invité de plusieurs variétés sur diverses chaînes arabes... Une aubaine pour présenter de plus la carrière de Ghazi Ayadi qui existe sur la scène musicale depuis quinze ans. *Partant de ce phénomène de “la chair nue” qui caractérise la majorité des productions musicales féminines, pensez-vous que vous avez toutes les chances pour réussir et imposer votre propre cachet? —C’est vraiment dégueulasse ! Plusieurs chanteuses ont essayé de développer cette apologie de la chair pour cacher la faiblesse de leurs voix. Nancy Ajram, Haïfa Wahbi et d’autres ont réussi parce qu’elles ont choisi de miser sur le côté physique jetant à bas la musique. Elles ont opté pour un discours adressé aux instincts et aux désirs. Il y a d’excellentes voix dans le monde arabe mais, malheureusement, elles n’ont pas eu de la chance. Ce qui compte, à mon avis, c’est la voix du chanteur. J’ai une jolie voix selon les spécialistes et les compositeurs et je sais qu’un jour je parviendrai à mon but. Nos voix sont une référence à l’étranger. Latifa Arfaoui, Amina Fakhet, Saber Rebaï, Mohamed Jebali et d’autres se sont imposés seulement parce qu’ils ont du talent. *Quel est, à votre avis, le vrai problème qui empêche nos artistes de rayonner et de s’imposer? —Le premier coupable reste les sociétés de production des cassettes qui essayent toujours de dénigrer l’artiste tunisien. Elles veulent gonfler leurs caisses et gagner le maximum sans prendre en considération les dépenses de l’artiste, en ce qui concerne la production de A jusqu’à Z (les paroles,les compositions, la location d’un studio pour l’enregistrement, les cachets des musiciens...) Vingt ans déjà depuis que ces sociétés ont été lancées mais malheureusement, notre musique n’a pas pu gagner de la place. il faut ouvrir un grand débat et examiner de près les modes de fonctionnement de ces sociétés qui n’ont fait que massacrer notre image de marque. Le piratage des œuvres est un grand problème qui touche au fond l’évolution de ce secteur. Pour un producteur étranger, le soutien d’un artiste tunisien n'est qu’une source de perte totale car il sait pertinemment que les œuvres piratées vont envahir le marché. *Après quinze ans de carrière, pensez-vous que vous êtes prêts pour vous produire sur la scène du Festival international de Carthage ou celui de Hammamet ? —J’ai à mon actif plusieurs albums réussis et diverses expériences musicales. Je pense que ceci me permet de chanter dans ces deux grands festivals qui restent, malgré tout, des références. Le plus important est que beaucoup de Tunisiens aiment ma voix... L’amour du public est, à mon avis, un garant de réussite. J’ai chanté en Egypte, au Liban... et mes concerts ont connu un grand succès. Pour qu’un chanteur tunisien réussisse, il faut lui donner la chance, le soutenir surtout sur le plan médiatique. Ce qui m’attriste c’est que quelques médias essaient de gonfler ces artistes inconnus qui viennent se produire sur nos scènes. J’ai vu des animateurs mendier quelques déclarations des artistes qui n’ont aucun poids dans leur pays, oubliant que le journalisme est un art noble et que la culture et l’information font l’image d’un pays. *Loin des studios, quels sont vos hobbies ? —Quand je n’ai rien à faire et dans ces rares moments de détente, je joue de mon oûd. C’est mon fidèle ami qui m’accompagne partout ! Je ne vous cache pas que j’adore aussi le football et quand je trouve le temps pour jouer un match avec les amis, je réponds présent. *Quelle est votre équipe préférée? L’amour de l’Espérance Sportive de Tunis coule dans mes veines! J’adore cette équipe. *Qu’écoute Ghazi Ayadi? —Pour les chanteurs tunisiens et arabes, je n’écoute que Saber Rebaï. Il a fait un bon parcours et il a réussi grâce à son intelligence. Loin de notre scène, c’est Julio Iglésias, Barry White et Lionel Richie qui attirent mon attention. Ils ont créé leur propre style et ils ont réussi. Personne ne peut les imiter car ce sont des sommités. Propos recueillis par Imen ABDERRAHMANI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com