Le président de l’Ordre des ingénieurs au «Quotidien» : «Voilà comment réduire la fracture numérique»





A l’approche de la deuxième phase du (SMSI) qui se tiendra à Tunis en 2005, M. Ghlem Debbache, président du Conseil de l’Ordre des ingénieurs pense que les pays du Nord sont appelés à prêter main forte aux pays émergents afin de réduire la fracture numérique. La Tunisie, estime-t-il, aura besoin de trois mille ingénieurs annuellement à partir de 2010. Tunis — Le Quotidien Le Quotidien : D’aucuns constatent que la Tunisie manque cruellement d’ingénieurs en informatique. Qu’envisage le Conseil de l’Ordre pour faire développer cette spécialité actuellement en vogue dans le monde ? M. Ghlem Debbache : Après de longues discussions avec le ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche scientifique et de la Technologie, nous avons pu mettre en place un nouveau système de formation en ingéniérie informatique. Ce système permet à 4 instituts supérieurs d’études technologiques (ISET) de former des ingénieurs en informatique à partir de l’année universitaire en cours. Plus de 120 étudiants ont été inscrits dans ces instituts cette année après que le Conseil de l’Ordre eut effectué des visites à ces établissements universitaires pour s’assurer de la bonne qualité des équipements et du bon niveau des enseignants. Certaines spécialités semblent connaître des difficultés en matière d’emploi. Quelles solutions proposez-vous pour venir à bout de ces problèmes quand on sait que la contribution des ingénieurs en matière de création d’entreprises demeure en-deçà des attentes ? Chaque année, plus de 1500 ingénieurs arrivent sur le marché du travail. 10% des diplômés trouvent leurs comptes dans la fonction publique. Le reste devrait, de fait, s’adresser au secteur privé. En matière d’ingéniérie civile, informatique et électromécanique, les offres d’emploi sont assez nombreuses. Ces offres diminuent pour les ingénieurs agronomes. De nombreux ingénieurs ont pu créer leurs propres projets grâce aux mécanismes d’encouragement mis en place pour stimuler l’initiative privée. Les ingénieurs sont appelés désormais à créer la majorité des 70 mille entreprises prévues dans le programme du Chef de l’Etat pour les cinq années à venir. Reste à améliorer les interventions des banques d’investissement. Les ingénieurs ont un rôle de premier plan à jouer pour assurer la réussite de la deuxième phase du SMSI. Qu’avez-vous préparé pour ce rendez-vous ? Nous envisageons d’organiser une grande conférence relative aux objectifs du SMSI, début 2005. Le Conseil de l’Ordre a également participé à la première phase du Sommet tenu à Genève et nous sommes persuadés que l’ingénieur a un rôle important en matière de réduction de la fracture numérique. Que proposez-vous justement pour réduire la fracture numérique entre le Nord et le Sud ? Il importe de préciser de prime abord que la fracture numérique existe entre les pays développés et ceux en voie de développement ainsi qu’entre les différentes régions d’un seul pays et les diverses catégories dans une société. Dans nos murs, les dernières mesures présidentielles réduiront grandement cette fracture entre les catégories sociales et les régions. Reste que les pays développés devraient prêter main forte aux pays du Sud. Ces derniers sont, de fait, appelés à exercer des «pressions» sur ceux du Nord. Propos recueillis par Walid Khéfifi


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com