La presse européenne : Le doute grand vainqueur du sommet de Bruxelles





Ankara s'est-il plié aux conditions posées par l'UE pour l'ouverture des négociations d'adhésion ? Ce processus est-il irréversible ? Que sera l'Europe avec la Turquie ? La presse européenne était hier perplexe et divisée face aux conclusions du sommet de Bruxelles. Le Quotidien-Agences «Les vrais vainqueurs du sommet de Bruxelles (...) sont les doutes généralisés», écrit ainsi le quotidien italien Corriere della Sera. En écho, Il Messagero estime que "le feu vert accordé à la Turquie est conditionné par des ambiguïtés et des doutes de tout genre". Première grande question: Ankara a-t-il oui ou non reconnu la république de Chypre, comme le lui demandaient les dirigeants européens ? Les journaux européens livrent des analyses différentes de l'engagement turc à signer un protocole modifiant l'accord d'association avec l'UE pour tenir compte de l'entrée de dix nouveaux membres, dont Chypre. "Compromis UE-Turquie: reconnaissance implicite de Chypre en 2005", juge ainsi le Grec Kathimérini (libéral). "Chypre a obtenu satisfaction à une demande importante de reconnaissance", assure aussi le quotidien chypriote grec Haravghi (pro-gouvernemental). Mais, pour le journal communiste grec Rizospastis "il n'y a pas de reconnaissance formelle" de Chypre, qui s'est fait "coincer" selon le quotidien chypriote-grec Phileleftheros. Ankara "a réussi à échapper à une condition sine qua non de chaque nouvel entrant, la reconnaissance de tous les anciens membres", s'insurge le conservateur allemand Die Welt. Autre sujet d'interrogation : le processus enclenché est-il irréversible ? Pour la presse turque, il n'y a aucun doute: "la révolution européenne", selon les termes du journal Sabah, est engagée. Elle devrait donner naissance à "une nouvelle Europe, une nouvelle Turquie", ajoute le quotidien Zaman. En Autriche, die Presse assure aussi que "la messe est dite : les négociations aboutiront à une adhésion". "Un mouvement est enclenché qui pourra difficilement être arrêté", renchérit la Libre Belgique. Quant au quotidien français le Parisien, il balaie la question : "la Turquie doit-elle faire un jour partie de l'Union ? La question ne se pose pas : elle est déjà là".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com