Les jeunes et la fête de Noël : Le cœur balance entre principes et bonne ambiance





Fêter la naissance du Christ n’est pas une question de principes pour certains jeunes tunisiens. C’est plutôt une ambiance dont il faut profiter et peut-être un style de vie à l’occidentale dans lequel, il faut aller jusqu’au bout. Tunis — Le Quotidien La fin de l’année est la période des fêtes par excellence. Des sapins partout, des guirlandes, des pâtisseries et des commerces de cadeaux en alerte. Certains peuvent se dire et pourquoi les sapins ? C’est parce que plusieurs de nos concitoyens se sont mis à fêter Noël. Or, dans nos traditions, le 25 décembre ne figure toujours pas sur le calendrier de nos fêtes musulmanes. Certes, il y a des sapins destinés à nos amis étrangers résidant dans nos murs dont on respecte les cultures et les coutumes. Mais de là à ce qu’on laisse tomber Achoura, Ras El Am El Hejri et plusieurs autres rendez-vous importants dans notre culture, pour s’aligner sur un mode de vie qui n’est pas le nôtre, cela suscite des interrogations. Les jeunes donnent l’impression à ce sujet d’être à cheval entre deux modes de vie. Ils défendent parfois le calendrier de l’Hégire mais ne veulent pas se priver de l’ambiance festive des fêtes à l’occidentale qui les emballe bon gré mal gré. C’est justement le cas de Lamia Akremi qui de prime abord affirme qu’elle ne fête pas Noël. Elle se contente du réveillon du nouvel an chez elle, et comme la plupart des Tunisiens, la famille se réunit pour accueillir une nouvelle année et non pas pour célébrer la naissance du Christ. «Personnellement je ne suis pas contre le fait de prendre part à cette fête. C’est de l’ambiance. Et après tout, c’est de la naissance de Jésus qu’il s’agit», dit-elle. Pour ce Noël, Lamia s’envole en France où elle est invitée par des amis. En contre-partie, elle trouve qu’il n’est pas normal d’oublier les fêtes propres aux Musulmans. «Je célèbre également Achoura et le Mouled», confie-t-elle. Marwane Jendoubi confond au début entre Noël et la Saint-Sylvestre. Mais dès qu’il a saisi la différence, il répond aussitôt que «Noël ne fait pas partie de nos traditions. Comme tous les jeunes, je dois être présent au réveillon du nouvel an. C’est tout». Pour ce qui est de nos fêtes traditionnelles, il affirme les connaître. Et c’est déjà bien par rapport à d’autres jeunes qui n’en entendent même pas parler. «Je les respecte mais elles ne me disent rien», explique-t-il. Sabrine et Rania Torkhani ne rejettent pas l’idée de fêter Noël. Au contraire, elles ont commencé par parler de l’ambiance de cette fête qu’elles ont pu partager avec leurs cousines vivant à l’étranger. Mais leur maman est intervenue pour remettre les pendules à l’heure et leur rappeler surtout que ce n’est pas notre fête. Les filles ont ainsi rectifié le tir et affirmé plutôt que leur mère leur a appris à respecter les différentes occasions musulmanes. «Pourquoi alors, se rabattre sur les fêtes des autres ?», suggèrent-elles à l’unisson. Il est aujourd’hui inutile de se poser trop de questions à propos des différentes fêtes commerciales qui ont envahi notre société. Noël n’est qu’une nouvelle habitude qui s’ajoute à la Saint-Valentin, Halloween et dans quelques jours la Saint-Sylvestre. Il suffit de faire un tour du côté de la Banlieue Nord, des Berges du Lac et des Manar, Menzah et Ennasr pour s’en rendre compte à la faveur de tous ces sapins, tout décorés comme il se doit, qui fleurissent à vue d’œil. Il y a même des cafés perdus dans des endroits dans lesquels le sapin de Noël a pris place depuis une bonne période. Le tout se fait au nom de l’ambiance qui battra son plein la veille du 25 décembre 2004. On entend déjà des gens programmer des dîners et inviter leurs proches et amis pour une soirée exceptionnelle. On s’attend à des programmes similaires pour le «réveillon» de Ras El Am El Hégri. Il faudrait alors prévoir de la Mloukhia et du couscous au «Kadid». M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com