Femme cadre et leadership : Les centres de décision se féminisent, mais…





Le CREDIF, en collaboration avec la fondation allemande Friedrich Ebert, organise depuis hier un cycle de formation au profit des femmes cadres sur le thème «Femme, leadership et genre social». Le Quotidien a saisi l’occasion pour solliciter l’avis de quelques femmes cadres sur la percée féminine en milieu professionnel et les rapports qu’entretient le sexe faible avec la gent masculine. Tunis - Le Quotidien D’après les dernières statistiques publiées par le Centre de Recherche, d’Etudes, de Documentation et d’Information sur la Femme (CREDIF), la présence de la femme dans les centres de prise de décision est de plus en plus importante. Ainsi, et selon les chiffres du Premier ministère et du ministère de l’Intérieur, la présence de la femme dans la sphère du leadership est notable surtout dans la vie publique et politique. Près de 10% des postes de prise de décision dans le domaine de politique et législatif sont, en fait, occupés par des femmes. Dans la fonction publique entre 10 et 20% des postes de direction sont tenus par des femmes cadres. A ce niveau, on a recensé dans les différents établissements et administrations à caractère public un pourcentage qui dépasse les 10% des postes de «Directeur» représentés par les femmes mais le constat est que la représentativité du genre féminin tend à la baisse au fur et à mesure qu’on monte en grade. En fait, si on observe que les femmes représentent près de 20% des statuts de chef de service dans la fonction publique, elles ne parviennent à décrocher que 6% des postes de Directeur général. Pour ce qui est du secrétariat général, ce poste demeure toujours un poste purement réservé à la gent masculine. A ce propos, Mme Miryam Tounakti Ben Brahim, chef de division dans une institution publique, souligne qu’il existe toujours une sorte de discrimination au niveau de la répartition des postes de direction qui sont souvent attribués aux hommes. «Cette approche sexiste prévaut encore dans notre administration, ce qui fait que la femme, malgré les compétences dont elle dispose, se heurte souvent à ces obstacles», affirme la conférencière. Et de préciser que dans plusieurs secteurs on garde toujours l’idée que la direction et la prise de décision doivent être confiées à l’homme. S’agissant de l’attitude de l’homme vis-à-vis de la femme leader en milieu professionnel, Melle Najet Sellami, cadre dans une compagnie publique, pense que l’homme manifeste souvent des sentiments de frustration et de rejet quand il est contraint d’être dans une position professionnelle inférieure. «A mon avis, malgré que la mentalité de l’homme ait beaucoup changé quant à la présence de la femme en tant que collègue, il a toujours la tendance à ne pas l’accepter en tant que son supérieur hiérarchique», ajoute Melle Sellami. «Il faut admettre qu’il existe toujours un certain degré de tension et de confrontation entre les sexes dans le milieu professionnel, ce qui augmente la charge de la femme qui est toujours appelée à réussir la conciliation entre sa vie professionnelle et ses préoccupations familiales», conclut-elle. Mme Iman Zouaoui, chercheur au CREDIF, souligne que les statistiques montrent que le leadership n’est plus réservé uniquement à l’homme, étant donné que la femme jouit désormais des avantages de l’égalité des chances dans tous les domaines ; chose qui pousse à réviser les attitudes à tendances sexistes. «L’homme est aujourd’hui contraint de changer ses concepts et ses avis quant à la présence d’une femme leader à ses côtés. Il doit l’accepter en tant que partenaire actif», affirme Mme Zouari. H.G.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com