Exposition : La femme et le pur sang au firmament





L’espace d’arts plastiques Aïn abrite depuis le 22 décembre une exposition d’aquarelles consacrée aux œuvres de Sarfati, un peintre ancien professeur de dessin au collège Sadiki de Tunis. Cette exposition concoctée par Mohamed Ayeb se poursuit jusqu’au 23 janvier 2005. Aux dires de Molière : «l’aquarelle est pressante et veut qu’un peintre sans complaisance s’accommode à son impatience». Cette boutade de l’écrivain français semble très appropriée de prime à bord à l’œuvre de Sarfati qui restitue un aspect original de la peinture à savoir une vision authentique du quotidien et du passé à travers un art aussi complexe que l’aquarelle. Ce sont en effet deux thèmes saillants de la tradition arabe et chers aussi à Sarfati, à savoir la Femme et le Cheval et généralement centraux dans la poésie anté-islamique que Mohamed Ayeb a immortalisés à travers cette exposition. En effet, grâce à ces deux thématiques, on peut repérer toute la sensibilité artistique de Sarfati. En témoignent d’ailleurs les tableaux exposés. En majorité de grand format, ceux ci exigent une grande ingéniosité et une maîtrise parfaite des couleurs. «La réalisation de telles oeuvres suppose une grande concentration et une habileté à mélanger les couleurs. L’artiste n’a pas droit à l’erreur» explique Mohamed Ayeb. * Sarfati un fin dessinateur Le talent de grand dessinateur de Sarfati est l’autre particularité qu’Ayeb a mis en exergue à travers cette exposition. Les tableaux consacrés aux chevaux en sont une illustration flagrante. En effet, ces tableaux dénotent dans un premier temps, l’amour de Sarfati pour les chevaux, le quotidien des femmes -et dans une certaine mesure pour une société en mouvement- et, dans un second temps, témoignent de son ingéniosité dans l’art du dessin. A contempler de très près quelques oeuvres, on se rend immédiatement compte d’une certaine fraîcheur et d’une transparence esthétique d’une grande rareté avec lesquelles la taille et la morphologie des chevaux sont fignolées. Il en est de même pour les autres œuvres du peintre qui restituent sur un autre plan un cachet et des monuments authentiques à l’instar d’une ruelle de Sidi Bou Said, Dar Ben Abdallah etc. Dans les autres tableaux, on peut constater quatre femmes et un couffin, des cavaliers à l’horizon, une mère et une fille, l’homme au bâton, le pain quotidien etc. Outre les multiples thèmes traités, force est de reconnaître que le Cheval et la Femme constituent incontestablement l’épine dorsale de toute l’œuvre de Sarfati. Et c’est cette dualité que Mohamed Ayoub a immortalisée à travers cette exposition. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com