L’E.S.S. en finale de la Ligue des Champions





L’Etoile Sportive du Sahel n’espérait pas mieux fêter l’Aïd. Une occasion en finale de la plus prestigieuse des compétitions africaines aux dépens, il faut le dire, d’une belle formation sénégalaise de la Jeanne d’Arc avec à la clé un match plein qu’elle a dominé de bout en bout parvenant à allier la qualification à la manière. On ne le dira jamais assez : l’effet Chétali a donné ses fruits et de quelle manière. Une semaine durant avant le match, l’union sacrée s’est réalisée et les joueurs ont été gonflés à bloc pour réussir à aller en finale après avoir concédé une courte défaite à Dakar. L’histoire retiendra sûrement «la griffe Chétali» et la décision très courageuse du président du club Othman Jenayah qui ne craignant nullement le retour de manivelle a prôné le changement radical dans la gestion technique de l’équipe. On cueillera ensuite et logiquement les fruits de l’audace et de la méthode… Chétali. D’aucuns s’attendaient en effet, au résultat final d’une rencontre que les Etoilés voulaient gagner rien que pour prouver qu’ils pouvaient mieux faire que dans un passé récent. Il est vrai que ceci ne pouvait se réaliser sans conférer à l’équipe un meilleur équilibre en rétablissant d’abord et surtout les cadres de l’équipe dans leurs droits les plus légitimes. Ils avaient honoré leurs engagements et prouvé qu’ils ne pouvaient être «enterrés» aussi simplement qu’ils l’avaient été. Nous pensons surtout à un M’hadhebi aussi époustouflant qu’il l’avait été soixante dix huit minutes durant, à un Zouaghi impérial, à un Bargui brillant à la faveur de ses anticipations et un Mohamed Miladi qui demande désormais qu’on lui fasse confiance pour affiner ses dons d’excentré gauche. Solidarité à toute épreuve L’équipe sénégalaise de la Jeann-d'Arc sans se laisser intimider outre mesure par des Etoilés déchaînés à l’image de leur capitaine Zoubeïr Baya qui rappelle la stratège des années 1996-1997, a produit un match tout à fait honnête et a été par intermittence menaçante . Mais l’Etoile savait que pour réussir, il fallait prendre le jeu à son compte dès le coup d’envoi du match, de ne rien concéder à l’adversaire . Les desseins de Zoubeïr Baya et de ses équipiers furent réalisés dès la cinquième minute du match quand le capitaine étoilé centra au cordeau et Traoré reprit de la tête victorieusement, l’œuvre ne s’arrêtera pas là puisque l’Etoile continue à carburer à plein gaz se montrant à la fois très bien organisée et percutante en dépit d’une défense sénégalaise se regroupant vite très vite et un gardien Diouf Papa Mamadou très vigilant parvenant à s’opposer avec brio à maintes reprises aux essais des Etoilés. Le scénario idéal se produisit à la toute dernière minute de la première période lorsque Ahmed Hammi (un cœur gros comme çà !) récupère le ballon dans le rond central et lance Baya dans le couloir droit. Le capitaine étoilé sert judicieusement Opara qui ne pouvait que reprendre dans les filets de Diouf. A deux à zéro, la cause était quasiment entendue mais on craignait tout de même une réaction des Sénégalais qui ne demandaient qu’à remettre les pendules à l’heure de… Dakar. La solidarité entre Etoilés et la cohésion entre les trois compartiments du jeu de l’équipe empêchaient Ndiaye Mathété et Ndaye Dame d’aller jusqu’au bout de leurs intentions. Mieux est, l’Etoile était décidée à sceller définitivement le sort de cette double confrontation en allant chercher le 3ème but par Kandia Traoré reprenant du près un tir de Baya repoussé par le gardien Diouf. C’était le dernier acte d’un match que l’ESS a dominée démontrant un bel état d’esprit. Mounir EL GAIED _______________ Abdelmajid Chetali : L’éternel sauveur? Pure coïncidence ou experte et circonspecte contribution? Toujours est-il que chaque fois que Abdelmajid Chetali est appelé à la rescousse, il réussit une gageure quelconque. Déjà, et à titre indicatif, en 1992-93, alors que l’ESS moisissait dans les profondeurs du classement, à califourchon entre la division nationale et la division d’honneur (l’actuelle nationale B), à la lumière de sa vacillante 12ème place, le président de l’époque fit appel à la figure emblématique du football sahélien et même tunisien, à la faveur de l’épopée argentine. Il ne restait que cinq journées à jouer et l’ESS termina cette saison-là à la sixième place. Cette fois-ci et consécutivement à l’élimination de la Coupe (pour le compte de l’exercice écoulé) au stade des demi-finales par le grand rival espérantiste, l’ESS était tout près de sombrer dans une crise aiguë. Mais Jenayah trouva très vite la recette-miracle, l’antidote tout indiqué : un SOS pressant au vieux timonier. L’enjeu était incommensurable, à savoir une qualification historique puisque la première du genre, à la finale de la plus prestigieuse Coupe africaine. Chose faite, avec en sus, la touche Chetali. En effet, et par rapport aux dernières sorties de l’ESS, le clichage était frappant aussi bien au niveau de la gestion de l’effectif avec l’insertion des Zouaghi, Mhadhbi, Bargui et Opara qu’à celui, par voie de subséquence, de la manière d’évoluer. Au-delà des considérations technico-tactiques, c’est l’apport psychologique qui est le principal apanage de Chetali. Et ce n’est plus un secret, attendu que de l’avis même des «Argentins», la force de Chetali son plus grand mérite réside dans son aptitude à trouver le mot juste au moment le plus opportun. Pourvu que ça se parachève à Lagos même. Wahid SMAOUI _______________ Finale : Aller à Sousse, retour à Lagos Finale La finale aller de la Ligue des champions entre l’ESS et les Nigérians de Enyimba aura lieu le 5 décembre à Sousse à partir de 17h00. Quant à la finale retour, elle se déroulera le 12 décembre à Lagos à partir de 16h00. ______________ Sousse en liesse Déjà avant le match, les supporters de l’Etoile étaient très enthousiastes en arrivant au stade, ensuite en soutenant leur équipe d’une manière inconditionnelle la rencontre durant. Mais au coup de sifflet final de l’arbitre sud-africain Benett Daniel Frazer, l’explosion de joie était incommensurable. Et pour cause! L’équipe étoilée venait d’accéder à la finale de la plus prestigieuse compétition continentale. Le public étoilé donnait libre cours à sa meilleure expression de bonheur scandant chants et slogans à la gloire de son équipe. Klaxons assourdissants, banderoles et fanions déployés, la liesse se poursuivait à Sousse jusqu’à une heure tardive de la nuit. C’est que l’événement méritait d’être fêté à sa juste dimension. M.E.G.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com