Rice «in», Powell «out» : Une succesion à hauts risques





Le Président américain George Bush a désigné hier Condoleezza Rice en poste de Secrétaire d’Etat. Une nomination qui confirme le durcissement de la politique étrangère américaine.Un aubaine pour Israël et une “très mauvaise nouvelle” pour les Palestiniens. Le Quotidien-Agences Le Président américain George W. Bush a désigné hier Condoleeza Rice en poste de Secrétaire d’Etat américain. Cette nomination devra être confirmée par le Sénat. Elle sera la deuxième femme à diriger la diplomatie américaine après Madelaine Albright. * Israël jubile Rice qui incarne l’aile dure de la politique américaine a été aussitôt salué par les israéliens. Comme pour mieux illustrer la proximité des liens entre Israël et les Etats-Unis, les hasards du calendrier ont voulu que le chef de la diplomatie israélienne Sylvan Shalom se trouvait à Washington peu après l'annonce de Powell. A la radio israélienne, hier, Shalom a rendu un hommage appuyé à Powell, "un ami sincère d'Israël" et a qualifié Rice de "véritable amie d'Israël en raison notamment de sa sensibilité religieuse et sa foi profonde". "De toute façon, a-t-il ajouté, c'est le président George W. Bush qui détermine la politique qui ne devrait pas changer, car il a prouvé durant les quatre années de son premier mandat qu'il était lui aussi un ami véritable d'Israël". De son côté, le ministre palestinien chargé des négociations, Saëb Erakat, a exprimé le voeu que "dans le futur, les Etats-Unis et le président Bush mèneront une politique plus équilibrée dans notre région". "Nous voulons voir appliquer la vision de deux Etats (pour deux peuples) présentée par le président Bush, nous voulons voir des actions et pas seulement des mots", a ajouté Erakat. Israéliens et Palestiniens n'ont cependant pas pu s'empêcher de lâcher quelques critiques, modérées de la part des premiers, plus dures pour celles émanant des seconds. * Critiques "Powell est un ami, mais il n'a pas toujours été le premier à se positionner en faveur d'Israël", déclare à l'AFP l'ancien ambassadeur d'Israël à Washington, Zalman Shoval en notant qu'il était "plus proche de l'orientation de Bush père que de celle de son fils". En bloc, les critiques israéliennes à l'encontre de Powell visent sa volonté de donner plus de poids au "Quartette" (regroupant les Etats-Unis, les Européens, l'ONU, et la Russie) et de relancer des négociations avec l'Autorité palestinienne, alors dirigée par Yasser Arafat, deux positions qui étaient loin d'enthousiasmer le Premier ministre israélien Ariel Sharon. Celles de Rice devraient être plus en harmonie avec l'approche de Bush qui ne veut pas être tenu par un calendrier pour la création d'un Etat palestinien et insiste pour des réformes démocratiques préalables chez les Palestiniens et un arrêt total du terrorisme. Adoptant un ton moins diplomatique, celui qui est considéré comme "l'homme fort" de la Bande de Gaza, Mohammad Dahlane, a estimé hier que l'Administration Bush a "couvert les agissements de Sharon qui nous tue et détruit l'Autorité palestinienne". "Notre expérience avec les Etats-Unis a été très mauvaise et très difficile", durant le premier mandat de Bush, a déploré Dahlane, pourtant considéré comme un proche des Américains. "Nous espérons que Bush changera cette politique", a-t-il dit, sceptique. _______________ Powell en Israël et à Ramallah les 22 et 23 novembre Le Quotidien - Agences Le Secrétaire d’Etat américain démissionnaire Colin Powell se rendra en Israël et à Ramallah dans les territoires palestiniens lundi et mardi prochain, a indiqué hier un haut responsable du Département d’Etat «Le secrétaire d’Etat va venir lundi et mardi à Jérusalem et Ramallah afin de promouvoir le processus électoral qui doit permettre l’émergence d’une direction palestinienne modérée et responsable», a confirmé, pour sa part, le Ministre israélien des A.E. Shalom.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com