Candidature de Barghouthi à la présidentielle : La présidentielle sans Barghouthi





D'intenses tractations étaient en cours hier pour éviter une crise au sein du Fatah après l'annonce de l'intention de Marwan Barghouthi, symbole de l'Intifadha, détenu par Israël, de briguer la présidence palestinienne contre l'avis des caciques du Mouvement. Al Qods occupée - AFP Un ministre proche de Barghouthi, Qadoura Farès, s'est entretenu avec lui hier dans la prison de Beersheba, quelques heures après que le Fatah eut entériné jeudi soir la désignation du chef de l'OLP Mahmoud Abbas, comme son "unique candidat" au scrutin du 9 janvier qui devra désigner un nouveau président de l'Autorité palestinienne, après la mort d'Arafat. C'est la première fois que Barghouthi, considéré comme un des principaux chefs de l'Intifadha, reçoit un visiteur autre que ses avocats depuis son arrestation par l'armée israélienne à Ramallah en avril 2003. "Je vais le mettre au courant de la situation au sein des différentes instances du Fatah et de la base du Mouvement", a déclaré Farès au téléphone peu avant son arrivée à la prison. "Marwan est actuellement le plus important dirigeant au sein du Fatah et il faut qu'on le consulte ou qu'on tienne compte de son opinion. Nous respecterons tout ce qu'il décidera", a ajouté Farès. L'intention de Barghouthi, 45 ans, de se présenter à la présidentielle avait été annoncée avant-hier par des cadres du Fatah quelques heures avant que le Conseil révolutionnaire du Mouvement officialise la candidature de Abbas, déjà approuvée par le Comité central, le 22 novembre. Si le très populaire Barghouthi, auquel certains sondages prédisent une victoire face à n'importe quel autre candidat, venait effectivement à se présenter, il diviserait le Fatah dont les instances dirigeantes se sont rangées derrière Abbas. Evoquée avec insistance depuis la mort d'Arafat le 11 novembre, l'hypothèse de sa candidature avait été jugée peu probable par des responsables du Fatah, conscients des difficultés, voire de l'impossibilité, de le voir diriger l'Autorité palestinienne depuis sa cellule de prison. Cette candidature est en revanche appuyée par de nombreux membres du Haut comité du Fatah, qui regroupe la "jeune garde" du Mouvement dans les Territoires, comme Farès, qui n'est pas toujours sur la même longueur d'onde que les ténors revenus d'exil dans le sillage d'Arafat après la mise en place de l'Autorité palestinienne en 1994. * Meilleure stratégie D'autres cadres du Fatah considèrent une candidature de Barghouthi comme la meilleure stratégie de le faire libérer de prison, estimant que l'Etat juif sera soumis à des pressions internationales insupportables s'il le maintenait en détention après son éventuelle élection. Un haut responsable israélien a toutefois catégoriquement écarté hier une libération anticipée de Barghouthi. "Israël est un Etat de droit. Il ne s'agit pas d'un prisonnier politique mais d'un homme condamné à perpétuité pour participation à cinq assassinats et il devra purger sa peine", a déclaré ce responsable de la présidence du Conseil, qui a requis l'anonymat. "Marwan a pris la décision de se présenter et cette décision fait à présent l'objet de discussions avec son entourage", a pour sa part déclaré un des avocats de Barghouthi, Jawad Boulos. Un proche de Barghouthi, parlant sous couvert de l'anonymat, a pour sa part affirmé que sa candidature éventuelle ne faisait pas l'unanimité au sein même de la "nouvelle génération" du Fatah. " Certains sont pour mais d'autres sont contre. La décision de Marwan de se présenter n'est donc pas définitive", a-t-il dit, qualifiant de "crucial" son entretien avec Farès.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com