Infidélité conjugale : Les jeunes dissèquent le phénomène





Certains sont infidèles de nature. D’autres ne passent à l’acte que par vengeance ou suite à des hautes pressions... Toutefois, l’infidélité semble être l’une des pires choses qui puissent survenir au sein du couple. Les jeunes semblent condamner ces dérapages incontrôlés et pensent que l’infidélité est par-dessus tout la conséquence de la dégradation de certaines valeurs sociales... Tunis — Le Quotidien Il suffit de feuilleter les pages des faits divers dans les journaux pour comprendre que l’accusé numéro un dans la plupart des discordes intervenant au sein des couples est l’infidélité. Il suffit aussi de consulter les dossiers de plaintes déposés auprès des juges d’instruction pour se rendre à l’évidence qu’un nombre non négligeable d’entre-eux met en exergue des infidélités conjugales... Ceci relate une vérité sociale. Celle qui condamne la trahison et l’infidélité qui semblent être d’après nos interlocuteurs monnaie courante de nos jours. Certains trouvent que personne ne peut avoir d’excuses à commettre un acte d’infidélité. D’autres trouvent que la conjoncture dans laquelle nous vivons favorise le dépérissement des mœurs et des valeurs. Mais ils sont unanimes à penser que l’infidélité est la pire des choses qui puisse survenir à l’être humain. Rached, 24 ans, étudiant, trouve inadmissible que quelqu’un trahisse son partenaire. Le jeune homme pense qu’un couple, marié ou pas, est engagé par un lien qu’il se doit de respecter. D’où l’infidélité ne peut en aucun devenir «légitime». «Si on est en relation avec quelqu’un, c’est qu’on l’a choisi pour une raison ou une autre. Certes, certaines discordes peuvent survenir : différence de classe, de caractère, de niveaux socio-intellectuels... Mais ces différends ne légitiment pas l’infidélité. D’ailleurs, je ne peux jamais tolérer un tel acte. L’infidélité traduit la nature avide, égoïste et malade de son auteur. Si le partenaire ne convient pas, il faut rompre avec lui et non pas le trahir». Rached pense toutefois que la triche et les mensonges peuvent donner naissance à l’adultère. «Certains couples bâtissent leur vie conjugale sur des bases défaillantes. Ils mentent et n’accomplissent pas leur devoir. Une fois mariés, l’un et l’autre finissent par se connaître réellement. Il n’y a plus lieu de mentir et bas les masques ! Dans ce cas la victime du mensonge pourrait être tentée par l’infidélité pour ne pas divorcer surtout quand il y a des enfants. Toutefois, ceux qui ont raison de tromper, à mon avis, sont ceux qui ont subi l’infidélité de leur partenaire... question de règlement de compte !». A l’instar de Rached Arkane, un enseignant de 29 ans, qui croit que tout se joue au début de la relation. Il pense que si le choix est réfléchi, les risques sont minimes. «La raison qui peut à mon avis donner naissance à l’infidélité est le mauvais choix. Les deux partenaires qui n’ont pas le même niveau social, intellectuel ou matériel... peuvent être victimes de l’infidélité. Cela ne veut pas dire que je tolère la trahison. Je suis un homme oriental qui ne saurait jamais pardonner une telle aberration. Cela dit je crois que le phénomène mérite la réflexion», dit-il. Arkane pense que tout être qui se respecte doit savoir ce qu’il veut et ce qu’il attend de son partenaire. S’il sait d’avance quel genre de personne lui conviendra le mieux, il doit faire un bon choix. «Si le choix est arbitraire, il y aura des infidélités de part et d’autre. Mais pour éviter l’adultère nous devons bien connaître l’autre et nous assurer qu’il répond à nos aspirations». Mohamed, un jeune réalisateur de 25 ans, trouve que par ces temps, il est difficile de parler de fidélité. «Nous vivons dans une époque ou l’argent fait loi. Le sentimentalisme, la fidélité et les relations humaines sincères sont quasi inexistants. Et même si ces valeurs existent, elles sont dénaturées. Je suis peut-être pessimiste, mais je suis sûr que la fidélité n’existe plus...». Mohamed regrette l’époque passée. Pour lui l’arrivisme, l’égoïsme et l’évolution accélérée de la société sont à l’origine de la dégradation de certaines valeurs. «Tout le monde veut tout avoir et le plus vite possible. Ils brûlent les étapes et tous les moyens sont bons pour aboutir à leurs fins. Résultat : Nous assistons à une humanité «atteinte» et la seule chose qui compte est l’aspect matériel». L’avidité des hommes à l’index Cyrine, une étudiante de 25 ans, accuse les hommes. Pour elle, les hommes sont de nature égoïstes et opportunistes. «Les femmes sont fidèles. J’ai été victime d’un acte d’infidélité. Cela dit, je traduis cela par la différence de niveau entre moi et mon ex. J’ai beaucoup sacrifié pour lui. Peut-être que c’est là où réside l’origine du problème. Quand on donne beaucoup, l’autre se sent en sécurité et il croit qu’on est acquis et il se permet d’être infidèle». Cyrine a beaucoup souffert surtout qu’elle n’a jamais soupçonné la trahison de son partenaire jusqu’au jour «j». «Cela m’a détruite. J’ai beau chercher une raison, je n’ai rien trouvé. J’ai donc compris que ma bonté excessive m’a coûté cher...», dit-elle dépitée. Manal, jeune cadre de 26 ans, croit que personne ne peut pardonner une infidélité. Comme Cyrine, elle accuse les hommes. «Les hommes ne se contentent pas d’une seule femme. Or certains disent que les filles sont légères. Je ne peux pas croire qu’une femme puisse tromper. C’est contre sa nature. A moins qu’elle réagisse par vengeance. Toute femme qui trahit a été un jour ou l’autre victime d’infidélité», dit-elle. Les jeunes gens semblent condamner l’infidélité. En outre tous nos interlocuteurs ne trouvent pas de raisons valables qui peuvent «légitimer» la trahison... A moins que ce dérapage ne s’inscrive dans le cadre d’un règlement de compte. A.C.O.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com