L’Ukraine en crise suspendue au verdict de la Cour suprême : Eviter l’éclatement





La Cour suprême a commencé hier à examiner les plaintes de l'opposition contestant la victoire à la présidentielle du Premier ministre Viktor Ianoukovitch, une décision cruciale dans une Ukraine en crise, menacée d'une partition jugée "inacceptable" par le président sortant, Léonid Koutchma. Le Quotidien-Agences "Théoriquement, la décision doit être prise dès aujourd'hui, mais l'examen de la plainte peut durer plusieurs heures ou plusieurs jours", a déclaré la porte-parole de la Cour suprême, Liana Chlapochnikova. La Cour suprême est la seule à pouvoir invalider le scrutin, comme le réclame l'opposition. Le Parlement avait jugé samedi le scrutin invalide en raison des fraudes constatées, mais sa décision n'a pas force de loi, même si, espère l'opposition, elle pourrait influencer la décision de la Cour. Quelque 5.000 partisans du candidat d'opposition Viktor Iouchtchenko et du candidat du pouvoir Viktor Ianoukovitch manifestaient leur soutien à leur "président" respectif devant le bâtiment situé dans une rue étroite de Kiev. Pendant ce temps, Léonid Koutchma a jugé "inacceptable" toute partition de l'Ukraine lors d'une d'une réunion près de Kiev avec Ianoukovitch, le Premier ministre de Crimée (sud) et des gouverneurs des régions de l'Est et du Sud du pays, majoritairement pro-gouvernementales, qui menacent de proclamer un statut d'autonomie si M. Iouchtchenko prenait le pouvoir. "Nous ne pouvons accepter, en aucun cas, la partition de l'Ukraine, même si je comprends que de tels désirs existent", a déclaré Koutchma au lendemain d'un Congrès s'étant déroulé en présence de Ianoukovitch et du maire de Moscou Iouri Loujkov, de responsables de régions russophones qui se sont réservé le droit d'organiser un referendum sur leur autonomie si un "président illégitime" arrivait au pouvoir. Le ministre ukrainien de la Défense Olexandre Kouzmouk a affirmé hier que l’armée défendrait “l’intégrité territoriale de l’Ukraine”, en dénonçant les appels séparatistes de régions russophones de l’est et du sud du pays. Les députés de la région de Donetsk ont même décidé d'avoir un referendum sur ce sujet dès dimanche prochain. L'opposition a adressé dimanche soir un ultimatum de 24 heures à Koutchma pour qu'il limoge notamment Ianoukovitch et les "gouverneurs séparatistes", menaçant dans le cas contraire d'entamer des "poursuites" contre le président sortant. Un proche du Premier ministre pro-russe, Serhiy Tihipko, a démissionné de son poste de chef d'état-major de campagne électorale de Ianoukovitch et a qualifié de "folie" les tendances séparatistes des régions. L'Ukraine est plongée dans une profonde crise politique depuis une élection présidentielle qui a entraîné un mouvement de contestation populaire sans précédent depuis l'indépendance du pays en 1991.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com