Jeunes et mensonge : Entre péché mignon et… «obligation»





Même s’ils commencent par nier, les jeunes finissent par avouer qu’un mensonge de temps en temps, quand il le faut, ne fait pas de mal. A chacun ses raisons ! Tunis — Le Quotidien Il est rare, voire impossible, de trouver une personne qui n’ait pas menti au moins une fois dans sa vie. Mais toute la différence est dans la nature du mensonge. Il y a les gros mensonges et les petits. Et chacun se débrouille pour justifier et légitimer son mensonge. Sans parler des mythomanes qui sont carrément malades et finissent par croire dur comme fer à ce qu’ils racontent. Ils jurent sur la tête de leur mère et par tous les Saints qu’ils disent vrai à tel point que leurs mensonges se transforment en histoires drôles et deviennent aussi célèbres que leur nom. A Tunis, ils sont nombreux. Mais les jeunes qu’on a rencontrés n’ont pas atteint le stade de la mythomanie. Ils sont tous de petits menteurs qui recourent au bluff pour différentes raisons. Chez les filles, on ment généralement aux parents. Elle dit qu’elle sort pour aller à l’école mais elle va ailleurs. Elle dit qu’elle dort chez sa copine mais elle passe la nuit dans un autre endroit. Tantôt, la mère est complice. Tantôt, elle n’y échappe pas. Pour le cas de Rym H., étudiante le mensonge permet d’éviter «les questions stressantes» de sa maman. Et d’expliquer «qu’on est dans l’obligation de mentir aux parents à cause de la différence dans les mentalités». A part sa mère, Rym dit qu’elle est franche avec le reste des gens. «Je n’ai aucune raison de mentir à d’autres personnes». Encore plus, elle avoue qu’elle déteste mentir. Si Rym ne ment qu’à sa mère et par conséquent à son père aussi, Sana B. est complice avec sa maman. Comme son papa est trop sévère, elle puise la clémence chez la mère. «Avec ma mère, tout est carte sur table. Elle est cool donc je ne lui cache rien. De son côté, elle se débrouille avec mon père». Et c’est la maman ici qui se charge de mentir à son mari pour couvrir sa fille. Surtout que la fille n’affronte presque jamais son père. Il sait qu’elle est très souvent à l’école, la plupart du temps chez une amie et parfois avec ses sœurs. En revanche, Sana ne ment jamais à son petit ami. Elle est convaincue que dans une telle relation, tout finit par se savoir. Il vaut mieux alors agir avec toute la franchise possible. * Mentir aux filles, c’est automatique Dans le camp des garçons, le sexe opposé est dans le collimateur. Tous les mensonges sont bons ! En effet et sans la moindre gêne, Nejmeddine Gharbi affirme qu’il ment aux filles. «Car elles en font de même» se justifie-t-il. «Puisqu’elles aiment la frime, je corresponds à ce profil pour les satisfaire et répondre à leurs attentes». Mais elles ne sont pas les seules victimes des mensonges de Nejmeddine. Il le fait également avec son patron et au boulot. Quoiqu’il existe des détails «qui font exception au mensonge». Avec Abdelbaki Tahri, mentir c’est «fifty-fifty». Il y a des facteurs à prendre en considération. Bref, il ment dans des circonstances bien déterminées. «Avec les filles, c’est clair !». Il semble que cela va de soi de mentir au sexe opposé. «Pour atteindre mon but, je dois faire ce qu’elles veulent». Sans qu’il précise ce que c’est au juste son objectif. Ce qui l’importe «c’est qu’en fin de compte tout se saura un jour. Et comme chacun de nous ment, nous sommes alors quittes». Quant à Mohamed Ali Zaltni, ses mensonges s’inscrivent dans un autre registre. Certes, il est toujours question d’imposture. Mais, celui-là est fier de sa sincérité avec les filles. «A mon avis, elles sont sincères et je suis de même. C’est donc un comportement de réciprocité». Et c’est plutôt à ses copains que Mohamed Ali ment. Il le fait pour montrer qu’il connaît tel endroit eu pour gonfler le prix d’un vêtement. L’objectif c’est de faire croire qu’il est d’un certain niveau et qu’il est assez friqué. C’est aussi «pour éviter des situations embarrassantes». A préciser que l’embarras semble être la différence par rapport aux autres. Ces autres qui ne s’empêchent pas non plus de mentir pour les mêmes raisons. Ils donnent une image qui n’est pas la leur et ne peuvent plus faire marche arrière. C’est comme un rôle qu’ils incarnent et se sentent obligés d’aller jusqu’au bout. Dans leur approche la fin justifie les moyens. C’est leur manière de forcer le respect et de s’imposer. Mais jusqu’à quand ? Là est toute la question. M.K.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com