Après une série de scandales : L’ONU dans la tourmente





La direction de l’ONU, plongée dans une série de scandales, a annoncé hier qu’elle allait reconsidérer le cas d’un haut responsable de l’organisation, accusé de harcèlement sexuel et blanchi par Kofi Annan. Le Quotidien -Agences Un responsable onusien, Dileep Nair, un Singapourien, chef du bureau de surveillance interne, avait été exonéré des accusations de harcèlement sexuel et favoritisme portées contre lui à la suite d’une enquête «approfondie», selon les dires du porte-parole de Annan, Fred Eckhard, ce qui était contesté par le personnel. A la suite de cette affaire, le syndicat du personnel des Nations unies avait voté le 19 novembre une motion dans laquelle il exprimait son «manque de confiance» à l’égard de la direction de l’ONU. Dans cette motion, très largement adoptée, le personnel reprochait à la direction d’avoir «usé sa confiance» en blanchissant à plusieurs reprises des responsables de l’ONU coupables de malversations diverses. A l’issue d’une réunion avec le personnel mercredi, la direction des Nations unies a décidé d’entendre les plaintes du personnel dans l’affaire Nair, a déclaré Fred Eckhard. Catherine Bertini, secrétaire générale adjointe à la gestion, qui avait dirigé l’enquête contestée par le personnel, est disposée à examiner les éléments que les syndicat du personnel lui présentera pour appuyer ses accusations contre Dileep Nair, a-t-il ajouté. Les représentants du personnel «lui ont demandé si le sujet était clos ou s’ils pouvaient lui soumettre leurs vues et elle a dit qu’elle examinerait tout ce qu’ils voudraient lui soumettre», a-t-il précisé. Cette affaire de harcèlement sexuel intervient dans un contexte délicat pour la direction de l’ONU, confrontée à plusieurs enquêtes sur l’ancien programme «Pétrole contre nourriture» de l’ONU en Irak, au centre d’un énorme scandale de corruption. Les attaques contre Annan se sont précisées la semaine dernière après la révélation que son fils Kojo avait été payé jusqu’en février par une compagnie suisse ayant participé au programme, qu’il avait pourtant quittée en 1998. Par ailleurs, l'ambassadeur américain à l'Onu, John Danforth a démissionné en citant des "raisons personnelles", après moins de six mois d'exercice aux Nations unies. Danforth, 68 ans, dont le nom avait été cité pour prendre la succession de Colin Powell à la tête du Département d'Etat américain, a envoyé le 22 novembre une lettre de démission au président George W. Bush qui l'a acceptée le 27 novembre. La démission du représentant américain à l'Onu deviendra effective le 20 janvier prochain. "Sally (épouse de Danforth depuis 47 ans) et moi avons décidé de retourner à notre vie privée qui j'espère commencera le 20 janvier 2005", a écrit M. Danforth. "A ce moment de ma vie, ce qui est le plus important pour moi est de passer plus de temps avec elle", a-t-il ajouté. "Comme vous connaissez Sally, vous connaissez mes raisons pour revenir à la maison", a-t-il expliqué. Sans entrer dans les détails sur la santé de son épouse, il a simplement souligné qu'elle s'était "cassé une cheville" avant sa nomination à l'Onu.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com