Redéploiement britannique en Irak : Blair se justifie





Tony Blair s’est justifié hier devant des députés très remontés, sur un projet de redéploiement des troupes britanniques en Irak, largement perçu comme un cadeau politique à George Bush, l’enlèvement de Margaret Hassan à Bagdad ajoutant encore à la pression. Le Quotidien-Agences Le projet de redéploiement des troupes britanniques en Irak «n’a rien à voir avec l’élection présidentielle américaine mais tout à voir avec les élections irakiennes» en janvier, a affirmé hier le Premier ministre britannique Tony Blair à la Chambre des communes. «Il s’agit d’une requête militaire, des militaires américains aux militaires britanniques, basée sur des raisons opérationnelles» uniquement, a-t-il assuré, précisant que la décision finale sur ce redéploiement n’avait «pas encore été prise». Refusant d’entrer dans les détails de ce mouvement au sein des troupes britanniques, Blair a cependant garanti qu’elles ne seraient pas déployées à Bagdad ou à Falloujah et resteraient sous commandement britannique. «Vous ne combattez pas les terroristes et les insurgés en Irak en faisant de la publicité sur les mouvements de vos troupes», a insisté Blair. «Si nous le faisons (ce redéploiement), le (bataillon des) Black Watch sera de retour en Grande-Bretagne avant Noël, à l’issue de sa rotation de six mois initialement prévue», a également assuré Tony Blair, confirmant ainsi les informations de presse selon lesquelles c’est cette unité qui serait concernée. * Tout est joué Hier matin, le général John McColl, plus haut gradé des forces britanniques en Irak, a renforcé l'impression selon laquelle tout est joué en déclarant que ce redéploiement sera "une question de semaines, pas de mois", ajoutant qu'"il serait raisonnable et sensé de répondre positivement" à la demande américaine. Assurant que ce projet "est une réponse militaire à un problème militaire", le général McColl s'est même déclaré persuadé que "la connotation politique (NDLR: la proximité de l'élection présidentielle américaine) du dossier n'a pas joué dans l'évaluation militaire sur le terrain". L'opposition conservatrice et libérale-démocrate, tout comme une fraction importante du parti travailliste, ne semblent toutefois pas décidées à avaler cette nouvelle couleuvre. Evoquant cette séance au parlement, le tabloïde de gauche Daily Mirror (proche du parti travailliste au pouvoir mais hostile à la guerre en Irak) assurait ainsi que Blair allait "se faire malmener". De nombreux parlementaires et une large partie des médias soupçonnent en effet Blair d'avoir pris une décision politique, alignant encore un peu plus la Grande-Bretagne sur les positions de Washington, en pleine campagne électorale américaine.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com