Condoleezza Rice : Arafat out





• Rumeurs sur la santé d’Abou Ammar La conseillère pour la sécurité américaine Condoleezza Rice a demandé aux chefs d’Etat de faire pression sur le leader palestinien Yasser Arafat pour qu’il démissionne. Ces déclarations surviennent alors que des rumeurs sur l’état de santé d’Arafat ne cessent d’enfler. Le Quotidien-Agences Les chefs d'Etat qui ont toujours des contacts avec le chef de l'autorité palestinienne Yasser Arafat devraient faire pression sur lui pour qu'il quitte le pouvoir maintenant que les Israéliens s'engagent dans un plan de retrait de la Bande de Gaza, a affirmé la conseillère américaine en Sécurité nationale Condoleezza Rice. Condoleezza Rice, qui fera plusieurs discours dans les Etats encore indécis pour la présidentielle américaine, a prôné la tenue d'une discussion avec Arafat "pour dire 'Voilà, les territoires sont à présent rendus aux Palestiniens ... Vous avez dit que c'était ce que vous réclamiez depuis des années. Maintenant vous pouvez laisser votre place." Cette conversation doit avoir lieu entre Arafat et "ceux qui sont toujours en contact avec lui ... nous ne faisons pas partie de ceux-là", a-t-elle ajouté. Selon la conseillère en Sécurité nationale, si Arafat démissionne, un Premier ministre indépendant pourra prendre le pouvoir et restructurer les forces de sécurité palestiniennes. "Pour le moment, les forces de sécurité palestiniennes sont non seulement corrompues et... incapables d'assurer la sécurité pour le compte d'Israël mais aussi pour celui des Palestiniens", a-t-elle affirmé. Les Démocrates ont critiqué Condoleezza Rice pour ses propos, les jugeant politiques. Rumeurs Par ailleurs, l'Autorité palestinienne a exclu hier une hospitalisation de son président Yasser Arafat, 75 ans, à Ramallah ou ailleurs, accusant Israël de répandre des rumeurs sur son état de santé. Des responsables palestiniens sont montés au créneau depuis avant-hier soir pour démentir toute dégradation de la santé du chef de l'OLP après que le ministre israélien de la Défense Shaoul Mofaz eut affirmé avoir accepté une demande palestinienne d'hospitaliser Arafat à Ramallah en Cisjordanie. "Le président Arafat souffre d'une grippe très sévère qui prend plus de temps que d'habitude pour guérir car il insiste pour continuer à jeûner", pendant le mois sacré musulman du Ramadan, a déclaré l'un de ses médecins parlant sous couvert d'anonymat. "Il n'a pas besoin d'être hospitalisé", a ajouté le médecin, qualifiant de "rumeurs" les informations officielles israéliennes en ce sens. Cité par le quotidien Al-Ayyam, le ministre palestinien des Affaires civiles Jamil Tarifi a réaffirmé que l'Autorité palestinienne n'avait pas fait de demande à Israël en vue d'hospitaliser Arafat, qui est confiné à la Mouqataa, son QG partiellement dévasté à Ramallah, depuis décembre 2001. "Le président est en bonne santé et n'a pas besoin d'être hospitalisé. Les informations diffusées par les Israéliens sur son état de santé sont sans fondement", a-t-il ajouté. Il a accusé Mofaz de répandre ces informations "pour semer la confusion dans la rue palestinienne et détourner l'attention des crimes israéliens commis dans la Bande de Gaza". Avant-hier soir, des sources à la présidence de l'Autorité avaient affirmé que Arafat avait subi une endoscopie qui n'a rien révélé d'anormal. "Le président Arafat est en bonne santé, Dieu merci. Les médecins tunisiens appelés à son chevet l'ont réexaminé ce soir (lundi), il ne souffre que d'une grippe et a besoin de repos", avait déclaré de son côté son conseiller Nabil Abou Roudeina, accusant lui aussi Israël de "propager des rumeurs". Qu'il s'agisse d'une simple grippe ou d'une maladie plus grave que les responsables palestiniens veulent taire, le malaise dont souffre Arafat semble par ailleurs avoir ouvert la voie à un début de réconciliation entre lui et son ancien Premier ministre Mahmoud Abbas. Abbas lui a rendu visite avant-hier à la Mouqataa pour s'enquérir de sa santé, leur première rencontre depuis la démission de Abbas en septembre 2003 à l'issue d'un bras de fer avec Arafat. Dans un éditorial publié par le quotidien de l'Autorité palestinienne Al-Hayat Al-Jadida, son rédacteur en chef Hafez Al-Barghouthi regrette qu'"aucun communiqué officiel n'ait été publié pour dissiper les nombreuses rumeurs à propos de l'état de santé du président Arafat". "Les rumeurs se répandent rapidement et une profonde inquiétude s'installe dans l'esprit d'un peuple à qui personne n'explique la réalité de la situation", ajoute-t-il. Selon le quotidien israélien Yédiot Aharonot, Mofaz a pris la décision de laisser Arafat sortir de son QG après des consultations avec le chef d'état-major Moshé Yaalon et le patron du Shin Beth, le service de sécurité intérieure, Avi Dichter. Le feu vert a été donné car il y a des "raisons de croire que si quelque chose arrivait à Arafat, Israël serait blâmé de l'avoir empêché de recevoir les soins médicaux adéquats", selon un responsable cité par le journal.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com