Pratiques ramadanesques/ Ramadan à Tibar





La découverte des pratiques ramadanesques se poursuit. Aujourd’hui, nous faisons escale dans la région de Tibar (gouvernorat de Béja). Kaïs Hasni, 29 ans, étudiant en troisième cycle, nous parle de sa région natale où il a passé son enfance et son adolescence. “Ramadan à Tibar est différent. Depuis toujours, cette région a des coutumes et des habitudes propres à elle. Cela dit, à présent cela a changé mais en fouillant dans mes souvenirs, je me rappelle certaines choses qui n’existent plus désormais. Les enfants et les jeunes avaient l’habitude de jouer à des jeux exclusivement ramadanesques. Ils se réunissent dans les prairies avant l’Iftar et brûlent un pneu. Enflammé, le pneu est poussé du haut d’une pente et les enfants lui courent après. Après l’Iftar, jeunes et moins jeunes mettent du feu par terre et commencent à l’enjamber. Ce jeu s’intitule “Oncle Ouf” (Ammi Ouf). Un peu plus tard dans la soirée, les petits se réunissent autour de leur grand-mère pour écouter attentivement ses contes et ses radotages. Du côté culinaire, à Tibar nous débutons notre Iftar avec du café au lait, comme pour un petit déjeuner puis nous mangeons. Le repas est comme celui de toutes les familles tunisiennes: de la soupe (frik), un plat et des salades. Toutefois, c’est dernièrement qu’on a commencé à intégrer les bricks, le tajine au repas de l’Iftar. Avant l’appel à la prière les hommes préparent le dessert qu’on appelle: “Cordiane”. Cette préparation se fait avec le jaune d’œuf auquel on ajoute du sucre et des gouttes de Zhar et qu’ils battent très vite. Cette préparation est consommée comme un dessert avec les fruits de la saison Pendant le S’hour, tout le monde mange du couscous avec du lait ou de la “Mhammsa” avec du lait. Un plat qui ressemble au “mesfouf”. Lors de la soirée, les femmes restent à la maison et se rendent visite alors que les hommes sortent. Ils se réunissent dans une boutique où ils boivent du thé, fument du narguilé, jouent aux cartes ou aux dominos. De nos jours, ils se réunissent dans les cafés du coin. Mes parents m’ont raconté que lorsqu’ils étaient jeunes, ils se rendaient compte de l’heure de la prière grâce au feu car les mosquées étaient loin de chez eux et celui qui habitait près de la mosquée mettait du feu pour que les autres habitants voient la fumée et comprennent qu’il s’agit bel et bien de l’heure de l’Iftar. Certes, certaines choses ont changé à présent mais quelques pratiques persistent encore… C’est ainsi qu’on vit Ramadan à Tibar”. Propos recueillis par A.C.O.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com