Festival de la Médina : Musique d’hier, voix d’aujourd’hui





Les “Arabesques” de Mohamed Garfi ont illuminé une nouvelle fois le Théâtre de la ville de Tunis. Ah, la bonne musique de jadis! Mohamed Garfi a inauguré la série des “Zakharef Arabia (Arabesques) en 1993. Ces galas conçus comme un tour de chant à plusieurs voix, visent à ressusciter des pans oubliés de la musique arabe du 20ème siècle, qui a été marquée par la verve créatrice de compositeurs de génie comme Mohamed Abdelwaheb, Mohamed Qaçabji, Riyadh Sombati, Kamel Taouil et autres Mansour Rahabani. Et portée par le talent d’interprètes exceptionnels comme Oum Kalthoum, Ismahane, Abdelhalim Hafedh, Faïza Ahmed, Najet Essaghira et Fayrouz entre autres. Ces “Arabesques” permettent aussi à de jeunes musiciens et interprètes, qui n’ont pas forcément connu ces prestigieux aînés, de revisiter leur répertoire inégalable, de l’explorer et d’y puiser les éléments de leur identité musicale en devenir. Au fil des ans, les “Arabesques” sont devenues une référence académique, les chanteurs et chanteuses aimant y prendre part pour parfaire leur formation auprès d’un maestro à la science incontestée. Ils sont devenus aussi un bain de qualité pour les jeunes interprètes qui cherchent à rompre avec la médiocrité -et la vulgarité- du show-biz actuel. “Zakharef Arabia 2004”, dernier gala de la série, donné avant-hier au Théâtre de la Ville de Tunis dans le cadre du Festival de la Médina, n’a pas dérogé à cette (bonne) habitude. Sauf que Mohamed Garfi a dû remplacer à pied levé deux interprètes, et pas des moindres, puisqu’il s’agit de Noureddine Béji et Slim Dammak, qui lui ont fait faux bond, sans raison apparente et, surtout, sans explications. Ces vieux routiers, qu’ l’on aurait cru irremplaçables, ont cependant été remplacés -et de quelle manière!- par deux jeunes interprètes qui ont su saisir leur chance: Haythem Helal et Loubna. Le premier natif de 1985, ancien élève du conservatoire de Sidi Saber, a été révélé il y a deux ans par l’émission “La route des étoiles” de Raouf Kouka. Il vient de décrocher brillamment son bac et il est étudiant dans un Institut supérieur. Dans sa première “aventure” avec Arabesques il a volé assez haut. Et c’est le moins qu’on puisse dire de lui. La seconde, Loubna Nômane de son vrai nom, est âgée de vingt-six ans. Etudiante elle aussi à l’Institut supérieur des Arts dramatiques (ISAD), elle a commencé dès l’âge de neuf ans à chanter dans les chorales d’enfants de Jbeniana, sa ville natale. Son interprétation des chansons de la diva libanaise Fayrouz était juste et convaincante. Elle a su, en tout cas, y mettre beaucoup de conviction et de cœur. A côté de ces deux révélations, Nabiha Karaouli a tenu à merveille son rôle d’aînée. Elle a chanté de vieux “tubes” -comme on disait alors- de Mohamed Qaçabji, Ryadh Sombati et les frères Rahabani, avec l’élégance et la simplicité qu’on lui connaît. A la fin du gala, le public debout, était ravi, enchanté, que dis-je, aux anges. Et Garfi, heureux d’avoir tenu, une nouvelle fois ses engagements. Et de bonne manière. Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com