Relations américano-israéliennes : La fin d’une idylle ?





Israël espère que ses relations avec Washington resteront au beau fixe quelle que soit l'issue du duel Bush-Kerry, mais l'idylle qui a marqué le premier mandat du président sortant pourrait bien ne pas durer, estimaient hier les analystes. Le Quotidien-Agences "Les relations entre nos deux pays ne dépendent pas de l'issue du scrutin, car nous sommes unis par les mêmes valeurs et les mêmes intérêts stratégiques", a déclaré hier à la radio militaire l'ambassadeur d'Israël à Washington, Danny Ayalon, à la veille du scrutin aux Etats-Unis. "Je ne vois aucune possibilité de changement significatif, les relations entre nos deux pays sont excellentes et vont le rester", a assuré un diplomate américain en poste à Tel-Aviv. Il a envisagé une relance du processus de paix après l'élection américaine, le président George Bush s'étant peu consacré à cette question ces derniers mois, donnant la priorité à sa réélection. Or cette perspective n'enchante guère le Premier ministre israélien Ariel Sharon, qui pu bénéficier d'un blanc seing de l'administration sortante, relèvent des analystes. "Les relations resteront bonnes, mais elles pourraient difficilement être meilleures qu'au cours du premier mandat Bush et ce pourrait être la fin d'une idylle ", estime un ancien directeur du ministère israélien des Affaires étrangères. Si Bush est réélu, "il aura les coudées plus franches que lors de son premier mandat vis-à-vis de l'électorat juif ou des fondamentalistes chrétiens pro-israéliens", a-t-il estimé. Par ailleurs "l'administration de Washington est exaspérée par le refus des autorités israéliennes de démanteler des colonies sauvages, contrairement à tous les engagements pris à ce sujet. Après le scrutin elle aura encore moins de raisons de fermer les yeux", a-t-il ajouté. Une victoire du démocrate John Kerry pourrait avoir des conséquences encore plus nettes, "car Kerry, tout en manifestant son appui à Israël, affiche sa volonté d'impliquer l'Europe dans un règlement du conflit entre Israël et les Palestiniens, ce à quoi le gouvernement Sharon est catégoriquement opposé", a-t-il dit. Un professeur de l'Université Bar-Ilan de Tel-Aviv estime qu'un président démocrate "fera tout son possible pour redonner vie au dernier plan international", la "Feuille de route", contrairement aux vues de Sharon. Mais même si Bush est réélu "il devrait faire plus d'efforts pour relancer les négociations de paix et pour qu'un retrait israélien de la bande de Gaza se fasse avec un minimum de coordination avec les Palestiniens, en accord avec l'Egypte, afin d'éviter un chaos dans la Bande de Gaza", a-t-il souligné. A l'approche de l'élection américaine, les Israéliens ont clairement opté pour le républicain George W. Bush, alors que les Palestiniens sont nombreux à prier pour une victoire de son rival John Kerry.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com