«Comptes et Mécomptes» : Au cœur de la société!





Accrocheur est le feuilleton “Comptes et mécomptes” de Ali Louati et Habib Messelmani. Ce duo qui a pu aborder plusieurs problèmes d’actualité brûlante loin des clichés et des leçons de morale. Diffusé en prime time, le feuilleton “Comptes et mécomptes” (Hissabat Wa Ikabet) a attiré le public et a sauvé la grille ramadanesque de T7. Lazhar Arrouch, Maryem, Jamila, Moghzel et toute l’équipe de ce feuilleton sont désormais le sujet favori du public du petit écran. “Accusé” par les critiques d’être enfermé dans les histoires de la médina, Ali Louati a fait preuve du contraire en optant, cette année, pour l’ouverture sur deux milieux différents: le milieu urbain et le milieu citadin. Loin des remparts de la Médina et de ses jolis quartiers populaires, Ali Louati a esquissé ses personnages qui sont à mi-chemin entre le réel et le fictif. Du vécu, il s’est ressourcé pour nourrir son imagination et pour donner le jour à ses héros sans exagération. L’œil et l’oreille attentifs à toutes les composantes de la société tunisienne, Ali Louati a pu aborder des problèmes sociaux . Finement et avec beaucoup de rigueur, le scénariste a dessiné le profil de chaque héros de ce feuilleton et a tissé les liens entre les protagonistes. Des rôles mesurés et un scénario calculé ont permis à Habib Messelmani de réussir cette nouvelle production ramadanesque. Réalisateur de taille, Habib Messelmani est une valeur sûre; des décennies de travail à l’Etablissement de la Radio et de la Télévision Tunisienne (ERTT), Habib Messelmani perce encore avec la même passion. Rencontre fructueuse entre deux chevronnés a fait la réussite de ce feuilleton ramadanesque. * Et que le meilleurpasse… C’est pour la première fois que l’ERTT propose à ses téléspectateurs un feuilleton de 30 épisodes. Pour relever ce défi, le réalistateur a fait un grand casting pour choisir plus d’une centaine de comédiens. Et que le meilleur passe… a été le slogan de Habib Messelmani qui a choisi de miser sur une brochette de jeunes comédiens: Saoussen Maâlej, Younès Farhi, Kaouther Belhaj, Lamia El-Amri… Ces protagonistes ont démontré qu’ils sont de l’étoffe des grands. Chacun d’eux a pu tirer profit de ses différentes participations. Younes Farhi ou Lazhar Arrouch comme Ali Louati a choisi de le nommer à réussi à attirer l’attention du public qui a partagé avec lui ses moments d’heur et de malheur. Habileté, sincérité et spontanéité ont fait de ce comédien le héros de Ramadan 2004. Idem pour Saoussen Maâlej et Lamia El Amri. Campant le rôle de Najla pour la première et Jamila pour la deuxième, ces deux comédiennes ont pu bel et bien jouer le rôle de la femme divorcée. Deux situations différentes mais c’est la même souffrance. Ali Louati a voulu que chacune d’elles soit porteuse d’une image bien précise du divorce. Entre Najla, la déprimée et Jamila qui a pu surpasser ses peurs pour continuer sa vie, oscille cet échantillon de femmes. Naïma El Jeni, Jaleleddine Essaâdi, Abdellatif Bouallègue, Aziza Boulabyar, Dorra Zarrouk, Fethi Messelmani, Wahida Dridi etc. ont excellé dans leurs rôles et ont pu approcher du public. Mention spéciale pour Donia Essaâdi qui a campé le rôle de la petite Manel, Karim et Inaâm ont traduit ce paradoxe entre la vie naturelle au sein d’une famille équilibrée et la vie entre deux parents en conflit permanent. * La société sur la sellette Feuilleton à succès, “Comptes et mécomptes” a focalisé sur plusieurs problèmes qui touchent la société tunisienne au fond. A travers Lazhar Arrouch et Moncef Saouaf, Ali Louati a abordé deux grands problèmes: le chômage des cadres et l’immigration des cerveaux; un problème délicat que le scénariste a examiné et a posé sur plusieurs angles: social, économique et surtout psychologique. La situation des divorcés et en particulier les enfants du divorce sont au centre des événements de ce feuilleton qui a analysé les situations de Manel, la fille de Najla et Lazhar, et Karim, un lycéen déchiré par les conflits entre son père Mohsen et sa mère Jamila. Saïd El Fahem, ce parolier attaché aux valeurs sociales, est l’image d’une catégorie des intellectuels marginalisés et qui n’a pu trouver sa place dans une société matérialiste. Chaque personnage pose les problèmes d’un échantillon de ses contemporains. Ali Louati et Habib Messelmani d’un côté et les comédiens de l’autre ont pu ouvrir un débat sur des questions quotidiennes. “A cœur vaillant rien n’est impossible”, dit-on. Imen ABDERRAHMANI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com