Réélection de Bush : Les Arabes résignés, Israël jubile





Résignés à subir Bush, plusieurs pays et médias arabes ont espéré un adoucissement de sa politique notamment en Irak et au Proche-Orient. Ceci étant ils ne devront pas trop y croire. La preuve en est qu’Israël était hier en transe en évoquant «la victoire d’un ami». Le Quotidien - Agences Résignés à subir George W. Bush pour quatre ans supplémentaires à la Maison-Blanche, les arabes espèrent, sans y croire vraiment, un assouplissement de la politique américaine vis-à-vis de l’Irak et du conflit israélo-palestinien. Ouvrant le bal, le secrétaire général de la Ligue Arabe Amr Moussa a exprimé hier son espérance que Bush «accordera l’attention nécessaire à la création d’un Etat palestinien en 2005». «Sans un travail sérieux pour la création d’un Etat palestiniens, les troubles et l’instabilité vont se poursuivre au Proche-Orient, ce qui va entraver les efforts sérieux et honnêtes pour établir la paix et la stabilité dans la région», a-t-il ajouté. Le président égyptien Hosni Moubarak, a espéré que le nouveau gouvernement américain pourrait, avec l'aide de l'Union européenne, jouer de son influence en vue d'une "solution pacifique" au Proche-Orient. Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat, hospitalisé près de Paris, a "salué la victoire de George Bush" et "émis l'espoir que son nouveau mandat et la confiance que le peuple américain lui a renouvelé donneraient un nouvel élan aux efforts consacrés au processus de paix au Proche-Orient (...) afin de permettre au peuple palestinien de réaliser ses aspirations nationales à travers une paix juste". De son côté, le mouvement radical islamique palestinien Hamas a sommé le président Bush de "cesser son soutien à l'ennemi sioniste". "Si l'Amérique persiste dans sa position négative à l'égard des Palestiniens, nous la considérerons, ainsi que son président, comme un ennemi", a-t-il averti. Le roi Fahd d'Arabie saoudite a assuré Bush de "la poursuite de (sa) coopération fructueuse". Le PDG du journal gouvernemental égyptien Al Gomhouria, Samir Ragab, proche du chef de l’Etat Hosni Moubarak, est l’un des premiers à donner le ton des attentes arabes : «comme nous souhaiterions que le président Bush reconnaisse qu’il a conquis l’Irak en se fondant sur des données imprécises et s’engage à rectifier ses erreurs de telle sorte qu’il assure la sécurité aux Irakiens», écrit-il hier dans son éditorial hebdomadaire. «Concernant la question palestinienne, on ne demande rien d’autre au président Bush pendant son second mandat que l’application de ce qu’il avait lui même proposé concernant la création de deux états indépendants, la Palestine et Israël, vivant côte à côte en paix», ajoute Ragab. Israël aux anges Sur un autre ton, et en Israël, le numéro deux du gouvernement israélien Ehud Olmert a affirmé à la radio publique que George Bush avait jusqu’à présent fait preuve d’une «amitié sans précédent» envers Israël. «Il a mené la guerre contre le terrorisme, en particulier le terrorisme palestinien et a refusé tout contact avec Yasser Arafat», a-t-il dit. Le ministre de la Justice Yossef Lapid a souligné que le président réélu était «un homme religieux qui soutient Israël en tant que chrétien, car les évangélistes du sud des Etats-Unis dont il fait partie accordent un soutien enthousiaste à Israël». La ministre de l’Intégration Tzipi Livin, une proche de Sharon, a évoqué à la radio la possibilité que Bush «tente de se rapprocher des Européens et de l’ONU», «on doit également s’attendre à ce que les Américains perdent patience et exigent que le gouvernement respecte immédiatement ses engagements sur le démantèlement des colonies sauvages», a-t-elle ajouté. Une centaine de colonies sauvages sont toujours en place en Cisjordanie malgré l’engagement d’Israël à les démanteler, selon un récent rapport du mouvement anti-colonisation israélien la paix maintenant. Les médias israéliens ont évoqué la «victoire d’un ami» d’Israël et la grande satisfaction d’Ariel Sharon, tandis que la presse palestinienne a appelé sans illusion à un changement de la politique américaine au Proche-Orient.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com