Ben Ali à l’ouverture du 16e Symposium international du RCD: “La construction de la société du savoir, un choix national fondamental





Le 16ème symposium international organisé par le Rassemblement Constitutionnel Démocrate (RCD), les 5 et 6 novembre, sur le thème «Savoir et développement dans le monde», sous le haut patronage du Président Zine El Abidine Ben Ali, s’est ouvert, hier matin, dans la banlieue de Gammarth. La séance d'ouverture a été marquée par l’allocution adressée par le Président Zine El Abidine Ben Ali aux participants à cette manifestation internationale et dont lecture a été donnée par M. Hamed Karoui, premier vice-président du Rassemblement. Voici le texte de l’allocution : Tunis-TAP «Il m'est agréable de vous souhaiter à tous la bienvenue en Tunisie et de vous remercier d'avoir donné suite à l'invitation à participer à ce seizième symposium international du Rassemblement Constitutionnel Démocratique, qui se tient à l'occasion de la célébration, par le peuple tunisien, de l'anniversaire du Changement du 7 novembre 1987. Ce symposium international revêt une importance particulière en ce sens qu'il constitue une rencontre annuelle que le Rassemblement Constitutionnel Démocratique a pris coutume de mettre à profit pour inviter des représentants des partis et des organisations politiques, ainsi que des intellectuels, des journalistes et des économistes de pays frères et amis, en vue de débattre des questions internationales de l'heure et d'engager une réflexion commune sur les mutations profondes et accélérées que connaît notre monde. C'est la raison pour laquelle nous avons tenu à l'organiser bien que ses préparatifs coïncident avec les élections présidentielle et législatives du 24 octobre dernier. Notre pays vient de vivre, à travers les diverses étapes des élections présidentielle et législatives, un événement majeur aux significations politiques et aux dimensions nationales profondes. Un événement à la faveur duquel les Tunisiens et les Tunisiennes ont donné la pleine mesure du climat de concorde nationale qui règne dans notre pays. Un climat civilisationnel marqué par l'attachement aux valeurs de liberté et de démocratie, la consécration des principes du pluralisme, la primauté de la loi et le respect des règles électorales. Ces élections ont également offert aux observateurs et à tous ceux qui, venus de divers pays frères et amis, ont pu les suivre, l'opportunité de se rendre compte de visu à quel point notre peuple, toutes catégories sociales confondues, est imbu des principes démocratiques. C'est effectivement ce qu'il a démontré en se rendant en masse aux urnes pour exercer le droit de vote, dans la transparence totale et avec les garanties que nous avons veillé à mettre en place à travers la dernière réforme constitutionnelle, la révision du Code électoral, la garantie de la neutralité de l'Administration et la création d'un Observatoire pour assurer la supervision du scrutin. Nous avons choisi pour thème de ce symposium "Savoir et développement dans le monde", compte tenu de la corrélation étroite qui existe entre l'épanouissement des civilisations, le progrès et le rayonnement des nations, d'une part, leur maîtrise de la connaissance, leur contribution à son enrichissement, à son utilisation judicieuse et à sa promotion, d'autre part. Ce thème occupe, de nos jours, le premier rang des préoccupations internationales, compte tenu des effets de la relation interactive entre le savoir et le développement sur les divers aspects économiques, sociaux, culturels, politiques, etc. Composante essentielle de l'économie nouvelle en même temps qu'un catalyseur du développement, dans son acception globale, le savoir est aussi devenu une source de défis et d'enjeux naissants, du fait du déséquilibre croissant entre les nations aux plans de l'acquisition du savoir et de sa mise à profit. La construction de la société du savoir s'affirme comme une étape historique sans précédent, offrant aux pays en développement et aux pays émergents l'opportunité d'accélérer le rythme de leur évolution pour rattraper le cortège des nations évoluées. L'intelligence est, en effet, la richesse la plus équitablement répartie entre les hommes, et l'esprit humain, où qu'il soit, peut faire preuve de la même capacité de création, d'innovation et d'assimilation des sciences et des connaissances, pour peu qu'il bénéficie des mêmes conditions favorables. L'édification de la société du savoir, sur des bases durables, solides et équitables entre les nations et les peuples, est un objectif qui ne saurait se concrétiser sans l'adoption, au niveau international, d'une approche solidaire agissante pour faire face à tous les facteurs de pauvreté, d'insécurité, d'instabilité et d'extrémisme. Ces facteurs sont, en effet, parmi les obstacles majeurs qui épuisent les ressources humaines, naturelles et matérielles des pays en développement et empêchent la mise en place de la plate-forme adéquate pour favoriser l'investissement dans le savoir et gagner les paris du développement. C'est sur cette base que nous avons pris l'initiative de préconiser la création d'un Fonds mondial de solidarité et de lutte contre la pauvreté, pour en faire un instrument à même de renforcer les mécanismes d'intervention humanitaire, de servir le développement, dans ses diverses dimensions, économiques, sociales, cognitives et technologiques, et d'aider les pays pauvres à rejoindre le cortège du progrès universel qui ne connaît point d'interruption. Cette initiative ayant bénéficié d'un consensus onusien et d'un large soutien international, nous renouvelons notre appel à la conjonction des efforts en vue d'accélérer la concrétisation de ce projet dont nous espérons qu'il contribuera, de manière effective, à la réduction des diverses formes de déséquilibre entre les nations, en matière de développement. Nous avons affirmé, en maintes occasions, que la fracture numérique est essentiellement une fracture de développement. Nous avons souligné que le pari d'en venir à bout est un objectif qui ne saurait se réaliser en dehors du cadre d'une coopération internationale féconde et d'une contribution efficace des différentes parties concernées : gouvernements, organisations internationales, société civile et secteur des affaires; le but étant de parvenir à adopter des plans prospectifs internationaux pour gagner les paris de la société de l'information. Se fondant sur ces éléments, notre pays a pris l'initiative, dès 1998, d'appeler à l'organisation d'un Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), qui serait consacré à l'exploration des voies et moyens de réduire les incidences de la fracture numérique et d'assurer une exploitation judicieuse des nouvelles opportunités de développement qu'offrent les technologies modernes, notamment au profit des pays en développement. Tout en exprimant, à cette occasion, notre fierté d'accueillir, en Tunisie, en 2005, la deuxième phase de ce Sommet qui sera consacrée à la recherche de solutions à de nombreux problèmes fondamentaux, tels que le financement des programmes internationaux destinés à réduire la fracture numérique et à rationaliser l'utilisation des réseaux de communication internationaux, je réaffirme notre détermination de faire réussir cet événement planétaire et de réunir les conditions favorables à une large contribution de toutes les parties concernées. La construction de la société du savoir est, pour la Tunisie, un choix national fondamental que nous nous sommes employés à consacrer dans le cadre d'une approche exhaustive, à travers le renforcement de l'investissement dans le savoir, la réforme du système éducatif, la promotion du secteur culturel et le développement des potentialités des effectifs humains; outre l'encouragement de la recherche scientifique et de la société de l'information, pour garantir l'insertion efficace de la Tunisie dans la carte mondiale de l'industrie de l'intelligence. Nous avons parié sur l'intelligence des Tunisiens. Nous les avons placés au premier plan de nos préoccupations et en avons fait la richesse inépuisable du pays. Nous avons élevé la femme au rang de partenaire agissant de l'homme et avons consacré la protection de ses droits et l'enrichissement de ses acquis en tant que dimension indissociable des droits de l'homme. Nous avons également mis en place le cadre adéquat pour lui permettre de maîtriser l'outil du savoir et de contribuer à l'œuvre de création et d'innovation. Conscients de l'importance du rôle dévolu aux technologies de la communication et de l'information dans la consolidation des fondements de l'économie du savoir et convaincus que la construction de la société de l'information constitue un pari stratégique, nous avons axé nos efforts sur la diffusion de la culture numérique, à l'échelle la plus large et sur le renforcement de la présence de notre pays dans l'espace médiatique mondialisé. Nous l'avons fait dans le but de renforcer les capacités d'innovation et d'accumulation du savoir chez le peuple tunisien, d'une part, et de favoriser une plus grande ouverture de notre peuple sur son environnement international et sur les autres cultures, civilisations et peuples, d'autre part. Les dimensions économique et sociale étant des composantes indissociables de notre politique de développement, nous nous sommes attachés à consacrer le principe de justice et d'égalité des chances entre toutes les régions et toutes les catégories sociales, en matière d'accès aux réseaux de communication numérisés et à leurs prestations. Nous avons ainsi veillé à assurer l'intégralité de la couverture, dans ce domaine, et à mettre en place les mécanismes nécessaires pour favoriser la participation des diverses franges de la population à la consécration de la société de l'information. Une société que nous voulons imbue de modernité, fondée sur la tolérance, la solidarité et l'ouverture sur autrui et attachée aux valeurs civilisationnelles authentiques. Nos choix, en matière de rapprochement entre développement et savoir, étant aussi profonds qu'immuables, nous nous sommes souciés, dans le programme électoral que nous avons présenté lors de la dernière élection présidentielle et qui a bénéficié d'un large consensus national, de conforter les fondements de la société du savoir dans le pays. Nous avons prévu, à cet effet, un ensemble de programmes destinés à promouvoir le système éducatif, pour l'élever au niveau des indicateurs caractéristiques des systèmes éducatifs les plus évolués dans le monde, remporter le pari de la qualité dans ce domaine, renforcer le réseau des pôles technologiques et promouvoir la recherche scientifique et l'innovation technologique. Nous avons également mis l'accent sur la concrétisation de la couverture intégrale par les services de communication de flux élevé, la consécration du principe de "l'internet pour tous", l'encouragement accru de la production des contenus et des services virtuels et le renforcement du rôle de la société civile dans la diffusion de la culture numérique. Nous nous sommes, en outre, préoccupés de moderniser les attributs de l'administration de la communication et de généraliser les services à distance, pour jeter les bases d'une économie solide, à même d'offrir des opportunités à tous et de conforter la position de la Tunisie en tant que pôle régional dans le domaine des activités porteuses. La construction de la société du savoir, dans le contexte des défis existants, exige de notre part un effort soutenu pour renforcer nos propres aptitudes aux plans humain et matériel. A cet égard, l'émigration des compétences des pays en développement constitue un phénomène qui contribue à approfondir le fossé séparant, en matière de savoir, les pays du Nord et ceux du Sud. C'est aussi un facteur supplémentaire qui consacre la monopolisation du savoir par un nombre limité de pays qui polarisent ces compétences pour leur offrir de travailler dans leurs laboratoires et leurs divers espaces scientifiques et technologiques. Convaincus de l'importance qu'il y a à œuvrer en vue de récupérer ces cerveaux émigrés, nous exhortons les pays en développement à accorder à cette question tout l'intérêt qui s'impose. Nous les invitons à compter sur eux-mêmes, à renforcer les investissements dans les secteurs du savoir, de la recherche et de l'innovation technologique, et à garantir la continuité entre les chaînons de la formation, de la recherche et de la production, de façon à assurer la plate-forme idéale pour la sauvegarde du patrimoine national de ressources humaines spécialisées. La construction de l'économie du savoir nous commande également d'orienter une partie de nos ressources limitées - dans le cadre d'une approche prospective sur le long terme - vers l'investissement dans l'industrie de l'intelligence et dans les secteurs porteurs. Ce sont là des choix dont la concrétisation exige de durs sacrifices, eu égard aux besoins sociaux, immédiats et multiples, de nos peuples. Nous engageons vivement les pays développés à soutenir cet effort et à élargir le partenariat dans les secteurs porteurs. Nous leur demandons de ne pas succomber à la tendance protectionniste que nous voyons se manifester chez certains, aux fins de restreindre la mobilité des investissements dans ces créneaux porteurs, et plus particulièrement dans le domaine de l'industrie du savoir et de l'intelligence. Nous sommes convaincus que la construction de la société du savoir et la réalisation du développement intégral sont tributaires du degré de réussite de la communauté internationale dans l'instauration d'un partenariat mondial, en matière de savoir, qui fasse prévaloir l'aspect humaniste sur les intérêts étriqués ; de façon à préserver le droit de tous les peuples à acquérir le savoir et à le mettre à profit pour réaliser leurs aspirations légitimes à plus de bien-être, de croissance et de progrès. Nous avons la ferme conviction que la diffusion du savoir et l'extension de l'aire du développement contribuent, dans une large mesure, à la propagation de la culture de la tolérance entre les nations et les peuples et à faire prévaloir la logique du dialogue entre les civilisations et les régions. Aussi nos efforts, dans le cadre de notre environnement arabe, africain et méditerranéen, se portent-ils sur la concrétisation de ces valeurs et l'édification d'une société du savoir dans laquelle il y ait une chance pour chacun. Tout en souhaitant à nos honorables invités la bienvenue et un séjour agréable parmi nous, je forme le souhait que votre symposium parvienne à des propositions et des idées constructives propres à enrichir notre approche du thème choisi. Avec mes meilleurs vœux de succès et de pleine réussite à vos travaux».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com