Du côté de chez Comar : L’histoire en chantant





Comme chaque année, la Compagnie maghrébine d’assurance et de réassurance (COMAR) organise au courant du mois de Ramadan son mini-festival. Quelques moments forts et pétillants. Après une soirée pour enfants (22 octobre) et une autre animée par l’humoriste Lotfi Bondka et le chanteur Tarak Trojett (29 octobre), le public a été invité avant-hier soir à assister à une troisième soirée ramadanesque en compagnie de l’historien-conteur Abdessattar Amamou et le guitariste-chanteur Khaled Ayari. Entre la deuxième et la troisième soirée, il y avait beaucoup de ressemblance. Les deux étaient dédiées à l’humour et à la chanson d’amour, et agrémentées de petits délices offerts par la maison. Il s’agit donc moins de concerts proprement dit que de veillées presque en famille : les responsables et les employés de l’entreprise étaient parmi les présents, ainsi que des personnalités du monde médiatique et artistique. Jeudi dernier donc, tout ce beau monde a assisté à une causerie de Abdessattar Amamou. Cet historien, spécialiste de l’histoire de Tunis et de la dynastie husseïnite dont il prétend être l’un des descendants, et surtout conteur, a évoqué avec sa verve habituelle des pans entiers de la mémoire culturelle tunisoise. Le procédé était nouveau : il faisait écouter des extraits de vieilles chansons de Saliha, Ali Riahi, Chafia Rochdi, Férid Al-Atrache, avant d’expliquer les circonstances dans lesquelles ces chansons ont été écrites, composées et chantées. Cela donnait lieu à des digressions historiques et sociologiques qui ne manquaient pas de piment. Pour l’authenticité des faits évoqués, on ne peut que lui faire confiance, n’est-il pas un historien patenté, même si certains épisodes nous ont semblé un peu invraisemblables voire saugrenus. Il faut dire que le style de narration de Abdessattar Amamou, qui privilégie l’humour au point de forcer un peu le trait, est un peu déroutant de la part d’un historien qui se targue d’être un scientifique, donc un chercheur soucieux de véracité historique. Mais ce n’est pas là un problème : Abdessattar Amamou est aussi et surtout un excellent narrateur d’histoires, plus proche de Abdelaziz El Aroui que de Abdelaziz Daoulatli. Il sait retenir l’attention des auditeurs, les intéresser, les séduire et surtout les faire rire. C’est un exercice qui ne manque pas d’intérêt. * Une sensibilité à fleur de peau Avec Khaled Ayari, auteur-compositeur-chanteur, le public a eu droit à un tour de chant marqué du sceau du romantisme. Le jeune guitariste a chanté l’amour comme seul un amoureux peut le faire : avec des mots simples et justes et surtout une sensibilité à fleur de peau. La voix mélodieuse, chaleureuse et presque amicale du chanteur, ainsi que son sourire qui traduit une grande tendresse donnaient à ses chansons un zeste de romantisme qui sied aux chanteurs de charme. Ce romantisme que certains trouvaient un peu désuet, voire vieillot, est pourtant la marque de fabrique de ce jeune chanteur qui ne craint pas de revendiquer sa différence. Parions qu’il finira un jour par imposer son style. Zohra ABID


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com