Falloujah menacée d’un assaut imminent : La guerre aux fantômes





Au moins 33 personnes ont été tuées hier à Samarra, au nord de Bagdad, dans l'explosion de quatre voitures piégées et des heurts, tandis que l'autre bastion sunnite de Falloujah, menacé d'un assaut imminent en quête des fantômes « Zarqaouis», a été violemment bombardé par l'armée américaine. Le Quotidien- Agences Quatre voitures piégées ont explosé en l'espace de trois heures à Samarra, ville située à 125 km au nord de la capitale irakienne et qui a été reprise il y a un mois à la Résistance par les troupes américano-irakiennes après une offensive majeure ayant fait 150 morts. "Nous avons à présent 33 morts et 48 blessés dans notre hôpital", a déclaré à l'AFP le docteur Nawfal Mohammad, de l'hôpital général de Samarra. Selon lui, 24 policiers, trois gardes nationaux et six civils figurent parmi les morts. Le général Abdel Razzak Mohammad al-Jarmani, un chef local de la force d'intervention rapide de la police, a été tué dans une double attaque à la voiture piégée devant la sous-préfecture, a-t-il dit.. Une troisième voiture a explosé une demi-heure plus tard devant l'école de formation des instituteurs, faisant des blessés, selon la police. Un quatrième véhicule a sauté vers midi dans le sud, coûtant la vie à 10 personnes et blessant cinq autres, toujours selon la police. Dans le même temps, des hommes armés ont attaqué plusieurs postes de police dans toute la ville, faisant des morts et des blessés, selon la même source qui a fait état d'accrochages meurtriers entre l'armée américaine et les Résistants. Neuf policiers ont été enlevés du poste de Joubairiya (est), selon un policier présent sur les lieux. A Bagdad, au moins quatre personnes dont trois GI’s ont été blessés dans une attaque-suicide hier après-midi sur la route principale menant à l’aéroport international, a constaté un journaliste de l’AFP. Les troupes américaines ont établi un cordon de sécurité, alors que des hélicoptères survolaient la région, selon le journaliste de l’AFP. * Falloujah sous le feu Parallèlement, autour de Falloujah, foyer de l'insurrection sunnite, des échanges de tirs d'artillerie ont opposé l'armée américaine et les résistants après une nuit de bombardements. Des membres des forces irakiennes affluent vers des bases américaines installées près de Falloujah en prévision d’un assaut, ont indiqué des commandants des marines, tout en reconnaissant la désertion de plusieurs soldats irakiens opposés à une telle offensive. Au Camp Falloujah, à l'entrée est de la ville, des obus de mortier sont tombés, entraînant une riposte immédiate de l'artillerie américaine, selon un photographe de l'AFP. Toute la nuit, l'aviation et l'artillerie américaines ont bombardé la région. Selon un communiqué américain, quatre raids "ont visé et détruit des positions fortifiées, un site d'artillerie anti-aérienne et une cache d'armes" de la résistance. Lors de ces bombardements, un établissement hospitalier, qui venait d’être construit et devait être inauguré prochainement a été détruit hier à l’aube par deux missiles, a déclaré le directeur de l’Etablissement. Des avions américains ont largué des tracts sur la ville vidée de près de la moitié de ses habitants, demandant à ceux encore sur place de partir. Les soldats ont annoncé par haut-parleurs que toute personne de moins de 45 ans serait arrêtée. Vendredi encore, le Premier ministre irakien Iyad Allaoui a réitéré ses menaces d'assaut contre Falloujah, affirmant qu'il entendait y "rétablir l'état de droit". "La fenêtre pour un règlement pacifique est véritablement en train de se fermer". Plus à l'ouest,vingt soldats américains, rattachés au 1er corps expéditionnaire des marines, ont été blessés alors qu’ils menaient des opérations de sécurité hier à Ramadi, selon un nouveau bilan annoncé par un porte-parole militaire américain. Le porte-parole a indiqué ne pas être en mesure de fournir d’autres précisions. Un précédent bilan de même source faisait état de 14 soldats blessés. Selon des témoins, une attaque suicide à la voiture piégée a visé une base américaine dans le quartier d’Al-Foujariyah, à l’entrée de Ramadi, faisant un nombre indéterminé de victimes. Deux autres témoins ont ajouté avoir vu des corps d’Irakiens gisant sur la chaussée. Ces morts n’ont pas pu être évacués par les ambulances en raison de tirs, ont-ils dit. Un officier de police de Ramadi a par ailleurs indiqué que deux obus de mortier avaient été tirés vers midi sur le siège du gouvernorat. Il n’a pas été en mesure préciser si ces tirs avaient fait des victimes. En outre, un policier a été tué et quatre autres ont été blessés dans une embuscade tendue par un groupe armé près de Baladrouz, au nord-est de Bagdad. Par ailleurs, deux employés du ministère de l’Intérieur irakien ont été blessés hier par un obus de mortier tombé sur le siège du ministère, au centre de Bagdad. Dans la foulée, douze membres de la garde nationale, originaires de la localité chiite d’Abassiyat (nord de Najaf), ont été enlevés et tués jeudi à Latifiyah alors qu’ils rentraient chez eux pour le week-end, a-t-on appris hier auprès du bureau d’un responsable religieux chiite à Najaf. Un autre chef de la police de Koufa, Abdel Ali Al-Koufi, a été légèrement blessé par l’explosion d’une charge au passage de son véhicule dans cette ville chiite, a-t-on appris de source policière. Enfin, au sud de Bagdad, un commandant des Marines a annoncé l'arrestation avant-hier soir de 41 suspects à Latifiyah et Youssoufiyah, théâtre de nombreux enlèvements et d'attaques anti-américaines. Seize suspects ont en outre été arrêtés lors de perquisitions à Baaqouba. _____________ Des oulémas saoudiens appellent les Irakiens à la résistance Le Quotidien-Agences Vingt-six éminents oulémas saoudiens ont appelé le peuple irakien à "la résistance contre les occupants", en soulignant que le jihad était "un droit légitime" et "un devoir dicté par la charia", dans un communiqué publié sur un site internet. "Nul doute que le jihad contre les occupants est un devoir (...). La résistance est un droit légitime et un devoir dicté par la charia qui oblige le peuple irakien à se défendre, à défendre son honneur, son territoire, son pétrole (...) contre l'alliance colonialiste, comme il a combattu par le passé le colonialisme britannique", selon le communiqué. Le texte, porte les noms des 26 dignitaires religieux, dont cheikh Salmane Al-Awdeh, cheikh Safar Al-Hawali, ancien professeur de théologie à l'université d'Oum Al-Qoura (La Mecque) et cheikh Awadh Al-Qourni, ancien enseignant de jurisprudence musulmane à l'université d'Al-Imam (Ryad). "Nul doute que ces occupants sont des agresseurs que les religions appellent à combattre jusqu'à ce qu'ils se retirent avilis (...). De même que les lois humaines reconnaissent le droit des peuples à combattre" ces occupants, poursuit le communiqué.Le communiqué appelle également "les musulmans à ne pas nuire aux résistants" mais à "les soutenir et à les protéger". "Tout soutien aux opérations militaires menées par les soldats de l'occupation est illicite parce qu'il représente un soutien au péché et à l'agression", avertit également le texte.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com