Retour sur la Demi-Finale E.S.S. – E.S.T. : Les raisons de la qualification sang et or





Le football est ainsi fait. Quand une rencontre de coupe se termine par une parité et que l’une des équipes se qualifie aux tirs au but, on cherche inévitablement les raisons qui ont permis au vainqueur d’avoir gain de cause et celles qui ont précipité l'élimination de l’autre. Et dans les deux sens, les justifications ne manquent pas. Retour sur une demi-finale qui a tenu en haleine peut-être toute la Tunisie du football et qui continuera pour quelque temps encore à alimenter les discussions. J.B. ________________ Lenteur de manœuvre et peur de perdre On le savait, la compétition entre Etoilés et Espérantistes allait se jouer sur un détail voire sur un coup de dé. En effet, cent vingt minutes n’ont pas départagé les deux équipes et il avait fallu recourir aux tirs au but pour voir l’équipe visiteuse l’emporter sur le fil. Pourtant, les choses commençaient bien pour les Etoilés qui d’emblée allaient assiéger l’arrière-garde adverse dans sa zone. Les quelques essais n’aboutissaient pas soit par lenteur, soit par manque de continuité ou encore par simple maladresse. Deux joueurs étoilés se sont distingués en ce début de match. D’abord, Chikhaoui par ses mouvements très lents et mal coordonnés, ensuite celui dont on attendait beaucoup, Kandia Traoré dont la titularisation demeure discutable. Servi par Baya, le même Traoré se permettait le luxe de tirer mollement dans les bras de Tizié sans qu’il ne soit gêné ou chargé par un défenseur (12’). Suivant ensuite d’autres ruées que la défense de Badra et ses coéquipiers enrayaient non sans difficulté comme cette combinaison très jolie en fait jouée à trois et qui aboutissait à Bokri dont le tir rasa la transversale (19’). Pendant ce temps, les Tunisois tentaient de remettre de l’ordre dans leur camp, procédaient par une ou deux touches pour se dégager rapidement et servir Zitouni, seul à la pointe de l’attaque. La trente-troisième minute vit Clayton tirer un coup franc lointain. Le ballon échouait dans l’axe et Zitouni de surgir pour battre de la tête le gardien étoilé. Un but quasiment un remake des deux buts encaissés à Dakar! Menée à la marque, l’Etoile repartit de plus belle conduite sur le terrain par son capitaine Baya tandis que Mrad Mahjoub collait au banc de la guérite. Il ne se passera pas plus de sept minutes et Traoré se fait contrer par Tizié. Le penalty décidé par l’Italien Dondarini fut exécuté imparablement par Sabeur B. Frej. * La peur de perdre La deuxième période du jeu fut incolore voire indigne du statut des deux grosses cylindrées de notre foot. Les occasions furent rares voire rarissimes. On ne signalait que les deux opportunités offertes à Jédidi (100’) qui s’était fait contrer in extremis et à Zitouni dont le coup de tête passait de peu au-dessus (114’). Il est vrai que la sortie de Baya brouilla toutes les cartes de l’Etoile. L’équipe ne parvenait plus à se porter devant rapidement. Du coup, aussi bien les uns que les autres devenaient trop prudents et semblaient attendre la séance des tirs au but. A l’exécution côté étoilé seuls B. Nasr et Traoui réussissaient leurs tirs tandis que B. Frej, Jebnoun et Jédidi rataient les leurs. Le camp espérantiste fut plus heureux lorsque Zitouni tirant le dernier penalty offre la qualification aux siens. Auparavant Badra rate, Souayah également car Austin réussit à dévier le ballon, Melki et Zaïem réussissent leurs tirs. En somme un match où le suspense a régné de bout en bout et où la prudence due à la peur de perdre a prévalu 120 minutes durant. Mounir EL GAIED ________________ Claude Andrey (Entr. E.S.T.) : «Notre force mentale» * Quelles sont vos impressions après cette qualification en finale aux dépens de l’Etoile ? - Je suis très satisfait surtout que le match était difficile à négocier. C’était aussi attendu car il faut tenir compte du fait que l’Espérance livrait vendredi son quatrième match à l’extérieur de suite. Et puis les joueurs sont souvent confrontés à des adversaires hautement motivés et tous leurs matches constituent de vraies «batailles». Il est donc clair que cette qualification est très importante et elle reflète bien la valeur de l’Espérance. * Sur quel plan l’Espérance a-t-elle paru la plus performante ? - Incontestablement sur le plan mental. Et là je rends hommage aux joueurs qui ont réussi à Aba puis à Sousse à s’adapter aux différentes situations et à sortir indemnes à chaque fois. Sur le plan technique, l’équipe progresse mais ne peut être tout le temps attachante. Il faut avouer aussi qu’on ne peut tout avoir en même temps. N’oubliez pas enfin que l’Etoile est une très bonne équipe et qui est capable du meilleur. * Une qualification pareille est aussi un excellent stimulant avant la demi-finale retour de la Ligue des Champions face à Enyimba. - C’est évident. Ce visage de l’Espérance est rassurant mais il faut reconnaître aussi que le plus important reste à faire. L’essentiel pour nous c’est de demeurer dans cette dynamique positive et ne rien lâcher. Une concentration continue nous permettra d’aller au bout de nos intentions. * Livrer une finale de la Coupe de Tunisie en plein mois de novembre constitue-t-il pour l’Espérance une étape importante sur le chemin de la finale de la Ligue des champions ? - On n’a pas vraiment le choix. On a la chance de jouer plusieurs rencontres importantes de suite en si peu de temps et on ne doit pas se poser des questions. Il faut prendre les choses comme elles viennent. D’ailleurs, je ne m’en plains pas personnellement car j’estime qu’il est toujours bon de livrer des matches de haut niveau. Cela nous permet de demeurer compétitifs. En un mot, il faut s’adapter et c’est tout. * En finale, l’Espérance rencontrera le C.S.Sfaxien. Un commentaire de votre part - J’aurai le plaisir de rencontrer un technicien suisse, Michel Decastel. Quant au match il sera certainement difficile pour les deux équipes. Propos recueillis par Jamel BELHASSEN


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com