Réduction de la fracture numérique : Les experts donnent la recette





Le 16ème symposium international du RCD organisé à Tunis sous le thème: “Savoir et développement dans le monde” a été l’occasion pour les experts et responsables venus du monde entier pour débattre d’une cruciale question se rapportant au domaine des technologies et des moyens susceptibles de réduire la fracture numérique entre le Nord et le Sud. Cette rencontre revêt une importance particulière dans la mesure où elle se tient quelques mois avant le Sommet mondial des sociétés de l’Information qui aura lieu en novembre 2005 à Tunis. Beaucoup d’espoirs est placé dans cette réunion car elle va contribuer d’une manière évidente à déterminer le chemin à suivre et les moyens matériels et humains à mobiliser. Dans ce contexte, une pléiade d’experts répondent à la question de savoir quel est le moyen le plus apte à réduire la fracture numérique entre le Nord et le Sud. Mohamed Fannane (Chef du bureau MAP - Tunis) Projets mixtes Il faut à mon avis développer les investissements dans le domaine de la communication et du savoir. Il est important d’accorder une priorité à la recherche scientifique en développant la coopération au niveau horizontal entre les pays en voie de développement et les pays nantis. Cette approche sera de nature à limiter l’exode des cerveaux vers les pays développés. Je pense également qu’il faut développer les projets mixtes entre le Nord et le Sud pour fixer les populations, surtout dans les régions à fort potentiel d’émigration. Abdallah Laâbidi (haut cadre) La chaîne de développement C’est tout simplement en investissant dans l’homme. C’est ce que fait la Tunisie. La Technologie numérique constitue une composante de tout un ensemble qui comprend la culture, l’industrie, la politique etc... Il faut que cet ensemble soit cohérent et équilibré. Dans ce contexte particulier, la Tunisie a choisi la bonne voie. Il y a une interactivité entre les différentes composantes de cet ensemble. Si l’industrie va bien, elle dégage des potentiels pour renforcer la formation. Et si la formation va bien, l’innovation va bien. Et si l’innovation va bien, la culture et le reste vont bien. C’est toute une chaîne. S’il y a une hypertrophie dans l’une des composantes, il y a un déséquilibre. Il faut veiller à créer une harmonie dans une prise de conscience que détermine le choix et les besoins de sa contribution. Sami Soloh Rédacteur en chef du magazine “Arabies” L’argent ne suffit pas C’est une question technique. Je crois d’abord dans ce cas précis qu’il ne suffit pas de donner de l’argent aux pays du Sud. Certains pays exigent directement une contribution financière comme préalable. Je crois que c’est une question de mentalité d’abord. Il faut savoir ce qu’on veut au juste. Cela exige des discussions et des échanges d’idées pour définir les besoins. La réduction du fossé numérique ne se fait pas par l’achat d’équipements techniques et d’ordinateurs. Pour parler franchement, beaucoup de pays possèdent des revenus très importants à cause de l’augmentation des prix du pétrole. L’on se demande tout simplement où va cet argent? Quels sont ses répercussions sur cette fracture numérique? Il faut qu’il y ait concertation franche entre les deux blocs. Le Sommet du SMSI qui se tient en Tunisie dans quelques mois doit permettre de définir les besoins et tracer les objectifs à atteindre. Alexander Stepanov (Correspondant d’interfax) Financement Je pense que le meilleur chemin pour parvenir à réduire le fossé numérique entre le Sud et le Nord c’est d’axer les efforts sur l’éducation. Cette option peut prendre du temps car il faudrait toute une génération pour assimiler les nouveaux concepts du savoir et du développement. Je crois que les jeunes d’aujourd’hui saisissent mieux les nouvelles techniques de la communication et sont mieux outillés pour contribuer à réduire l’écart numérique. Le second problème qu’il faut régler se rapporte au financement. Les ressources financières sont nécessaires pour permettre à chacun de se procurer le matériel adéquat pour prendre part à cette révolution technologique. Ceci est très important car aujourd’hui grâce à l’Internet il est possible de travailler à partir de son domicile et d’envoyer les données instantanément vers les centres situés en Europe ou aux USA. Dans ces conditions, vous n’aurez plus besoin de vous déplacer pour travailler à Paris. Lotfi TOUATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com