Nouveaux heurts entre soldats français et manifestants pro-Gbagbo à Abidjan : La Côte d’Ivoire au bord du gouffre





De nouveaux heurts ont éclaté hier à Abidjan entre des militaires français et des milliers de manifestants favorables au président Laurent Gbagbo protestant, à l'appel de la radio officielle ivoirienne, contre le déploiement de blindés français non loin de la résidence présidentielle. Le Quotidien-Agences Des militaires français ont tiré en l'air dans la matinée à Cocody, quartier chic d'Abidjan, pour tenter de disperser une foule de plusieurs milliers de personnes qui essayait de rompre le cordon de sécurité dressé autour de l'hôtel Ivoire, où sont stationnés une cinquantaine de véhicules blindés français depuis la nuit. En fin de matinée, le face à face était tendu entre les militaires français qui ont déployé des barbelés autour du vaste parking du plus grand hôtel d'Abidjan, a constaté l'AFP. Ces nouveaux incidents se sont produits après un appel de la radio d'Etat ivoirienne, étroitement contrôlée par le pouvoir, qui avait demandé aux habitants de se rendre "massivement" à l'hôtel pour "former un bouclier autour de la résidence du chef de l'Etat", située à un km. Le président français Jacques Chirac a assuré hier matin une nouvelle fois que l'action française en Côte d'Ivoire avait pour "unique objectif" de garantir la sécurité des ressortissants français. Le président Gbagbo, soumis à de fortes pressions internationales, avait pourtant appelé au calme tard dimanche. "J'exhorte de nouveau les populations au calme et je demande à tous les manifestants de regagner leur domicile", avait-il déclaré à la télévision, alors que ses proches avaient multiplié dans la journée les déclarations belliqueuses contre la France. Mais dans son adresse télévisée, le chef de l'Etat, qui ne contrôle que le sud de la Côte d'Ivoire depuis le déclenchement d'une rébellion en septembre 2002, a justifié sa décision de bombarder du 4 au 6 novembre des positions rebelles, en violations des accords de paix de janvier 2003. Les attaques gouvernementales ont tué samedi neuf soldats français de la force d'interposition Licorne et en ont blessé 38, entraînant une riposte de la France. Les dépouilles ont été rapatriées lundi matin en France. La riposte française a entraîné depuis samedi de violentes manifestations, des agressions et des pillages contre les intérêts et les ressortissants français et certains opposants, en particulier à Abidjan. Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué hier être "sans nouvelles" de deux Français résidant en Côte d'Ivoire après les violences du week-end. La ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie a réitéré qu'"il n'y a pas d'évacuations prévues" pour les quelque 14.000 ressortissants français et de la communauté internationale. Les "véhicules blindés (français) qui se trouvent dans Abidjan le sont avec l'accord des autorités ivoiriennes", a-t-elle dit.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com