Leïla Hjaïej : «Ali Sriti, mon père spirituel»





Leïla Hjaïej clôture ce soir la 22ème session du Festival de la Médina. Avec Ali Sriti, qui ne la quitte plus jamais, elle a concocté un programme éclectique. Au menu: Leïla Mourad et Laure Dakache. Non mélomanes s’abstenir. * Comment avez-vous entamé votre expérience avec Ali Sriti? — Après avoir travaillé avec Amor Shabou, Anwar Braham et la Troupe de Nadi Al Farabi, j’ai voulu parfaire ma formation musicale auprès de ce grand musicien qui a été derrière l’épanouissement de nombreux talents comme Anwar Braham, Ahmed Al Kalaï et Lotfi Bouchnak. Pendant une année, Si Ali Sriti m’a aidée à améliorer mes performances vocales. C’est ainsi qu’est née l’idée de donner un concert de chant sous sa direction. Quatre concerts ont ainsi été donnés au Palais d’Ennejma Ezzahra à Sidi Bou Saïd, qui ont été enregistrés par Tunis 7, et seront diffusés la soirée de l’Aïd et nous apportant un grand succès. Le concert intitulé “Achwaq I” a eu donc ce succès populaire grâce notamment à la réalisation de Néjib Belhédi. Avec “Achwaq II”, nous avons clôturé la 20ème session du festival de la Médina. Nous avons eu d’autres invitations et nous nous sommes produits dans le cadre du festival international de Hammamet. Peu à peu, nous avons constitué un public fidèle qui ne ratait aucun de nos concerts. Durant l’été dernier, nous avons présenté un nouveau concert à Hammamet. Ce soir, nous allons avoir l’honneur de clôturer la 22ème session du Festival de la Médina au Théâtre de la Ville de Tunis. Je serai accompagnée au luth par mon maître Ali Sriti et quatorze autres artistes (musiciens et chanteurs) dont Béchir Selmi, Néjib Belhédi, Rafik Zghonda. Au programme: des chansons de Leïla Mourad et Laure Dakache. * Vous semblez très bien vous entendre avec Si Ali Sriti. Quel en est le secret? — Nous avons beaucoup de points en commun. Nous sommes tous les deux très exigeants et nous croyons au travail collectif. Si Ali est attentif au moindre détail: à la prononciation d’un mot comme à la tenue des musiciens et à l’interprétation de la chorale. Tout doit être à la perfection. Nous avons aussi une préférence pour le répertoire de la chanson arabe classique, c’est-à-dire les “mouachahat”, “Adwar” et “qacid”. J’ai la chance de travailler avec ce monument de la musique tunisienne et arabe, qui sait transmettre sa science musicale mais aussi sa passion et son goût à ses disciples. Il est la mémoire vivante tunisienne et arabe. Il a travaillé avec les plus grands musiciens ces cinquante dernières années et a joué avec Ali Riahi, Fethia Khaïri, Laure Dakache et tant d’autres. C’est une véritable école de musique. Je lui dois beaucoup. Il est pour moi plus qu’un professeur ou un maître. C’est un père spirituel. Interview conduite par Zohra ABID


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com