Pascal Lamy, commissaire européen au commerce extérieur : «Le textile a un avenir dans la zone euro-med»





C’est une profession de foi que vient lancer le commissaire européen au moment où les inquiétudes se multiplient à propos de l’avenir de l’industrie textile, particulièrement au sein des pays émergeants. Car le 31 décembre 2004 signera la fin des restrictions quantitatives dans ce domaine et l’ouverture d’une nouvelle ère de libéralisme quasi total. Mais, selon M. Lamy, l’industrie textile européenne et méditerranéenne reste capable de tirer profit de cette ouverture. Tunis - Le Quotidien «A trois mois de la date, cette échéance suscite des inquiétudes bien compréhensibles. On entend parler d’hégémonie chinoise, de délocalisation, de pratiques déloyales. Ces inquiétudes sont d’autant plus grandes dans les pays méditerranéens, que le secteur textile-habillement occupe une place prépondérante, que ce soit en termes d’emploi (3,7 millions de personnes des pays méditerranéens du sud et de l’est travaillent dans ce secteur) ou en termes d’exportations», atteste M. Lamy. Cependant, il affiche une grande confiance en le potentiel euro-méditerranéen à juguler cette réalité et ne pense pas que la partie est perdue face à ceux qui jouent sur le bas coût de leur main-d’œuvre. «L’industrie textile européenne et méditerranéenne doit et peut tirer profit de l’ouverture des marchés au niveau mondial. Les négociations en cours à l’Organisation mondiale du commerce offrent la possibilité de parvenir à un meilleur équilibre des conditions d’échanges, en accompagnant la suppression des quotas par une réduction des protections tarifaires. Cela peut être le cas, dans le haut de gamme, sur le marché nord-américain. Et c’est ma conviction, l’avenir de l’industrie textile réside aussi dans la conquête de nouveaux marchés. Nous pouvons accroître les échanges nord-sud, mais aussi sud-sud», renchérit-il. Pour M. Lamy, l’industrie textile euro-méditerranéenne a des atouts et des avantages compétitifs à valoriser et la région med dispose de facteurs de production combinant coûts raisonnables, qualité, proximité par rapport au marché européen. Il met également en avant la création d’une grande zone de libre-échange euro-med qu’il considère comme un levier pour le développement des échanges. A la condition que le processus de réforme se poursuive sans relâche. M.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com