De Falloujah à Sadr City : L’Irak s’embrase





Un Egyptien a été relâché par ses ravisseurs en Irak où l'armée américaine maintenait hier la pression sur le bastion sunnite de Falloujah et sur le quartier chiite de Sadr City à Bagdad. Deux soldats britanniques ont, en outre, été tués. Le Quotidien-Agences Deux soldats britanniques ont été tués dans une embuscade contre leur convoi près de Bassorah (sud). Dans l'affaire des otages, un employé de la compagnie égyptienne de télécommunications Orascom, enlevé le 22 septembre, a été libéré, a indiqué un porte-parole de la société après avoir d'abord annoncé la libération de deux otages. "Nous avions cru que deux otages avaient été libérés, mais il s'agit en fait d'un seul", a-t-il déclaré à l'AFP sous le couvert de l'anonymat. Il faisait référence aux quatre Egyptiens qui avaient été enlevés mercredi soir avec deux Irakiens, près de la ville d'Al-Qaëm, dans l'ouest de l'Irak. Deux autres ingénieurs d'Orascom ont été kidnappés le lendemain à Bagdad. Ce porte-parole a précisé que les deux Irakiens avaient aussi été libérés, sans plus de détails. Avant-hier un diplomate iranien, Fereydoun Jahani, a été libéré après 55 jours de captivité. Ces libérations ont laissé entrevoir une lueur d'espoir quant au sort des deux otages italiennes Simona Pari et Simona Torretta enlevées le 7 septembre à Bagdad en compagnie de deux collègues irakiens. La presse italienne donnait un large écho aux informations du journal koweitien "Al Rai Al-Aam" selon lesquelles les deux captives pourraient être libérées rapidement, après paiement d'une rançon d'un million de dollars. Sur le terrain, des explosions ont secoué le quartier chiite de Sadr City et celui de Haïfa, à Bagdad, où les accrochages avec les soldats américains sont devenus fréquents. L'armée américaine a mené en outre des raids aériens durant la nuit d’avant-hier sur le bastion sunnite rebelle de Falloujah, à 50 km à l'ouest de Bagdad, considéré comme un repaire du groupe de l'islamiste jordanien Abou Moussab Al-Zarkaoui. Des informations contradictoires ont circulé sur le bilan de ces raids. Un médecin de l'hôpital, le docteur Rafaa Hiad, a affirmé que trois personnes avaient été tuées et six autres blessées. Ce bilan a été démenti par l'armée américaine selon laquelle il n'y a pas eu de victime. "Les raids ont raté leurs cibles et les missiles sont tombés dans une zone inhabitée", a affirmé un porte-parole de l'armée, ajoutant qu'"aucune construction de quelque sorte que ce soit n'a été touchée". Les militaires américains affirment que les récents raids ont éliminé de nombreux combattants du réseau de Zarqaoui mais l'hôpital de Falloujah a fait état de nombreuses victimes civiles, dont des femmes et des enfants. A Sadr City, un Irakien a été blessé lorsque trois obus de mortier sont tombés devant la base militaire américaine à l'entrée du quartier. Trois voitures ont également pris feu, a précisé un témoin Mazen Mohsen. Dans la nuit, le quartier a fait l'objet de bombardements de l'armée américaine qui a prétendu "ne pas viser des individus ni des infrastructures", mais "des bombes artisanales". _______________ * Les deux italiennes otages libérées Les deux ressortissantes italiennes enlevées en Irak le 7 septembre ont été libérées et remises au Chargé d'affaires italien à Bagdad, a annoncé hier la chaîne satellitaire qatariote Al-Jazira. Les deux Italiennes Simona Toretta et Simona Pari, âgées de 29 ans, ont été enlevées ainsi que deux de leurs collègues irakiens dans le bureau de l'ONG italienne pour laquelle elles travaillaient dans la capitale irakienne. Le paiement d'une rançon d'un million de dollars aurait pu permettre une rapide libération des deux Simona, selon Ali Al-Roz, le directeur du journal koweiten Al Rai al-Aam, cité par la presse italienne. Les services de renseignement américains avaient fait savoir à Rome qu'ils avaient intercepté une conversation téléphonique au cours de laquelle on entendait "une voix féminine occidentale disant quelques mots, sur fond de la conversation principale". Après différents contrôles, filtrages et analyses de la conversation, les spécialistes "sont convaincus que la voix peut être celle d'une des deux volontaires" italiennes enlevées, a rapporté le Corriere de la Sera.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com