Otages français : Julia défie Paris





Accusé d'avoir fait capoter les négociations officielles en vue de la libération des otages français en Irak, le député UMP Didier Julia s'est défendu d'avoir aggravé la situation, justifiant sa décision d'intervenir pour "pallier l'échec" des autorités françaises. Le Quotidien - Agences Le parlementaire de Seine-et-Marne, interviewé sur Europe 1 en direct de Damas où il se trouve depuis vendredi, a affirmé qu'il serait aujourd’hui à Paris et qu'il s'expliquerait lors de la reprise des travaux à l'Assemblée nationale. "Demain je serai à l'Assemblée. Le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier sera à la Commission des Affaires étrangères et je suis prêt à mettre sur la table (...) tous les éléments d'information que j'ai, de les comparer avec ceux de Michel Barnier et nous verrons celui qui est allé le plus loin", a-t-il déclaré. "Je n'ai pas à m'excuser d'avoir essayé de faire quelque chose pour ramener Christian Chesnot et Georges Malbrunot mais j'espère surtout que ce ne sera pas la tentative de la dernière chance", a-t-il ajouté. "Ma responsabilité est celle d'un type qui a essayé de pallier (...) l'échec de tous les contacts officiels. C'est la responsabilité d'un député qui a agi librement avec des moyens c'est vrai un peu exceptionnels", a-t-il concédé. Il a notamment confirmé avoir utilisé pour se rendre en Syrie un avion prêté par le président de la Côte d'Ivoire, en délicatesse avec Paris. L'Elysée et le Quai d'Orsay ont désavoué au cours du week-end les "démarches parallèles" de l'élu et le premier secrétaire du Parti socialiste a fermement invité le gouvernement et l'UMP à "faire cesser immédiatement cette agitation". Que les responsables politiques "soient furieux de leur propre échec c'est une affaire mais je ne vois pas en quoi notre passage ici et notre recherche de quatre jours sur le territoire irakien a pu porter en quoi que ce soit atteinte à la sécurité des otages", a-t-il poursuivi avant de fustiger l'incurie de la diplomatie française. * Contacts bidon "J'ai pensé pendant les quinze premiers jours que Michel Barnier, qui avait annoncé leur retour imminent, allait résoudre le problème", a-t-il confié. Après une mission de plusieurs jours dans la région, le ministre des Affaires étrangères est rentré en France "et il ne s'est rien passé", a déploré le parlementaire. Les contacts secrets évoqués par les autorités françaises comme résultat de la tournée de Barnier dans la région sont "complètement bidon", a martelé Didier Julia. Selon le député de Fontainebleau, les contacts qu'il dit avoir rencontrés sur place - notamment le porte-parole du Conseil unifié de la résistance irakienne - "n'avaient vu personne". De plus, a-t-il affirmé, les dignitaires religieux auxquels la diplomatie française a fait appel "ne sont absolument pas concernés dans cette affaire". Accusé d'affabulations par une partie de la classe politique et l'ensemble de la presse ce week-end, Didier Julia est revenu sur plusieurs affirmations de son intermédiaire, Philippe Brett.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com