Jeunes et couple idéal : Entre l’entraide et “Si Sayyed”…





Ils sont jeunes, ils s’aiment et ils sont quasiment tout le temps ensemble. A les voir on détecte l’amour et la passion. A les écouter on a l’impression d'assister à une scène romantique de film. Mais la médaille a un revers car, une fois unis par les liens sacrés du mariage, c’est généralement la routine qui prend le dessus sur l’amour. Et la passion s’étiole cédant la place aux désaccords. Comment les jeunes imaginent-ils une relation de couple réussie? Tunis-Le Quotidien Après le mariage, bas les masques… Certains maris entament une dispute pour un oui ou pour un non, pour un repas moins réussi ou une chemise mal repassée… Quant aux épouses, elles réservent leurs trousses de maquillage pour les grandes occasions. Pire encore, quand elles deviennent mères, elles consacrent leur énergie et leur affection à leurs enfants seulement. La vie de couple en pâtit forcément et tend à ressembler de plus en plus à celles des arrières grands-parents. Safi Rabeh, étudiant de 22 ans, a peur de ce genre de vie plate et sans aucune touche de romantisme… “Certes, on hérite tous de quelques habitudes de nos parents, mais il ne faut jamais se laisser faire. J’essaierai, une fois marié, de préserver une touche moderne dans ma vie de couple. Je ne me vois pas du tout dans la peau d’un mari typiquement oriental. Le mode de vie se montre de plus en plus moderne et les femmes tunisiennes sont des êtres actifs dans la société. Cela dit, normalement ma future femme travaillera et par conséquent elle partagera avec moi les frais du foyer. Et franchement, il est inadmissible qu’elle assume seule les tâches ménagères. D’ailleurs, actuellement, c’est moi qui donne un coup de main à ma mère et je le ferai certainement avec ma femme”, dit-il. Mis à part le partage des tâches, Safi pense que le manque de dialogue et d’imagination sont à l’origine des problèmes du couple. “On s’aime, on rêve à deux et on se marie… Généralement, une certitude s’impose dans l’esprit des deux époux: l’autre est là, je le verrai chaque soir et chaque matin… Le sentiment de sécurité totale accablera l’imagination et tuera le romantisme… Or, il faut apprendre à regarder l’autre avec ce même regard d’autrefois et penser que même si on est marié, il faut fournir davantage d’efforts pour que ce mariage résiste. Dans ce cas, il faut garder les soirées romantiques, les tête-à-tête avec des chandelles… et ce même chez-soi. Il faudrait que le dialogue soit toujours existant”, ajoute-t-il. En dépit de leur allure “in”, certains jeunes hommes se sentent très bien dans la peau du fameux “Si Sayyed”. Pour eux, s’ils se marient, c’est justement pour avoir l’occasion d’exercer un total pouvoir sur les membres de la famille. Marwane, 19 ans, candidat au bac, pense que son ego masculin sera mis en question s’il aidera un jour se femme à laver la vaisselle… “Laver la vaisselle, repasser le linge ou effectuer toute autre tâche ménagère est une affaire féminine… Si c’est moi qui le faisais, cela serait contre nature! Si je pense à me marier, c’est pour devenir un chef de famille et il faut que ma femme soit obéissante. C’est ainsi que je conçois le mariage parce que c’est une culture qui s’est ancrée en nous de père en fils… Certes, je ne serai pas pour autant trop autoritaire, je ferai participer ma future femme dans les grandes décisions, mais c’est à moi que reviendra le dernier mot”, dit-il l’air fier! Quelque part “machos” et fiers de l’être, certains jeunes gens ont l’air d’avoir des idées libérales et suivent de près toutes les nouveautés… De plus, ils réussissent leurs relations avec le sexe opposé mais une fois mariés, ils se situent illico presto au sommet et n’attendent de la femme que d’enfanter et de faire partie du décor… Heureusement que ce genre de mentalité se fait de plus en plus rare de nos jours. Zied, un jeune cameraman de 26 ans, est fiancé. Pour lui, certaines traditions doivent être gardées au sein du couple, d’autres par contre sont à bannir absolument. “D’emblée, je dirai que je suis contre cette habitude qu’on a pris vis-à-vis du rôle de la femme. C’est ignoble de voir les femmes mariées travailler, assurer certains frais, sans avoir aucune aide en contrepartie. Pour moi, si on se marie, c’est qu’on est prêt à tout partager, les tâches, les frais, le bien, le mal… Tout”. Zied croit que la force de l’homme est dans son degré de conscience. “Je ne suis pas misogyne, je crois que la femme doit rester libre et doit être épanouie tout comme l’homme pour que la vie de couple et de famille soit réussie et équilibrée”, dit-il. D’ailleurs, le jeune homme a longuement parlé de ce sujet avec sa fiancée Jihen, 24 ans, étudiante, qui elle aussi compte garder cette touche de vitalité dans son couple. “J'aimerai tout partager avec lui… Toutefois, même s’il se porte volontaire pour partager avec moi les tâches ménagères, je ne le laisserai pas faire à tous les coups. Son travail est assez dur, et je sais pertinemment bien que la femme a une capacité de résistance beaucoup plus importante que l’homme. Par contre, ce que je reproche aux couples classiques et surtout aux épouses, c’est leur côté “laisser aller”. Une fois mariée, la femme oublie de séduire son mari, elle a l’impression qu’il est déjà dans la poche, oubliant que dehors il y a de vraies “canons” qui s’entretiennent. Moi, je compte entretenir mon foyer, mon mari et mon apparence physique. En outre, la clé de la réussite d’un mariage réside dans ces mots doux que certains oublient une fois la bague au doigt… D’ailleurs je ne vois mes parents s’embrasser que lors des Aïds. Il faut que le couple prenne soin de ces petites choses qui entretiennent la relation conjugale”, dit-elle. Toutes ces idées seront certes bénéfiques et serviront la vie conjugale mais une fois débordés et envahis par les contraintes du quotidien, les époux sauront-ils tenir une promesse de jeunesse? Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com