L’Epilepsie en Tunisie : La situation familiale, facteur de prévalence?!





L’Association Tunisienne de Lutte contre l’Epilepsie (ATLCE) a tenu hier son septième Congrès national d'épileptologie. Outre l’exposé des résultats d’une enquête sur l’épilepsie en Tunisie, le Congrès a permis un tour d’horizon des divers aspects liés à cette pathologie. Tunis-Le Quotidien L’épilepsie est une des pathologies les plus fréquentes dans le monde. Il s’agit d’un trouble du système nerveux dû à un brusque dysfonctionnement des cellules du cerveau qui perdent momentanément leur activité physiologique normale. En Tunisie, comme partout dans le monde, l’épilepsie touche aussi bien les jeunes et enfants que les adultes et les personnes âgées. D’après une enquête réalisée par l’Association Tunisienne de Lutte contre l’Epilepsie, à partir des résultats de l’enquête nationale sur la santé et les soins médicaux entreprise en 2001 par l’Institut National de Santé publique, il ressort que la prévalence de l’épilepsie au sein de la population tunisienne se situe aux alentours de 4 pour mille habitants et sans différence significative selon le sexe. Néanmoins, les résultats de cette enquête menée par questionnaire à domicile sur une population de 1243 patients tirés au sort dans toutes les régions de la Tunisie, montrent que l’épilepsie est significativement plus fréquente chez les enfants de moins de 10 ans (7 pour mille) ainsi que dans les tranches d’âge de 50 à 59 ans (6 pour mille). “Cette répartition tend toutefois à être identique à ce qui est identifié dans la plupart des pays du monde”, a indiqué Dr. S. Hajjam, de l’Institut National de Santé publique de Tunis. S’agissant des variables sociologiques qui peuvent influencer le niveau de l’épilepsie au sein de la population, Dr. Hajjam a indiqué que l’étude a révélé que seule la situation familiale peut être considérée comme un facteur très déterminant sur ce plan. Dans cette variable, c’est-à-dire la situation familiale, on repère entre autres un taux plus ou moins élevé d’épileptiques qui vivent dans une situation de célibat. Dr. Hajjam a souligné à ce propos que «ce taux tend à atteindre près de 37% de la population épileptique mais aucune explication n’est en mesure d’affirmer d’une façon définitive le rapport entre la pathologie et la situation matrimoniale». Marabouts Par ailleurs, Dr. Amel Mrabet, du service neurologie EPS Charles Nicolle, a tenu à souligner que le taux de 4 sur mille est un des taux les plus bas du monde et que les résultats de l’enquête sont pratiquement les mêmes que ceux qu’à révélés une étude réalisée en 1985 sous recommandation de l’OMS. «A prendre en considération, souligne Dr. Hajjam, les patients sous-diagnostiqués qui ne manifestent pas des crises aiguës et d’autres qui préfèrent faire recours aux marabouts au lieu de consulter les centres de la santé publique. Il faut rappeler à ce niveau que l’épilepsie guérit dans 7 cas sur 10 si elle est correctement traitée. Les jeux vidéo… suspects ! L’Association tunisienne de lutte contre l’épilepsie œuvre dans ce sens à travers des actions de sensibilisation orientées vers les établissements scolaires ainsi que les milieux professionnels, malgré que les études montrent que cette pathologie ne semble pas entraîner une conséquence socio-professionnel importante chez les patients. A propos des agents susceptibles d’augmenter le risque de l’épilepsie, Dr. Pierre Thomas, du service de neurologie à l’hôpital Pasteur à Nice, a affirmé que bon nombre de personnes «photo-sensibles» sont des sujets très exposés à l’épilepsie quand ils se trouvent pour une raison ou une autre contraintes de s’exposer à l’écran de l’ordinateur ou de la télévision, qui provoquent une grande stimulation visuelle à même de provoquer des crises épileptiques. Le neurologue souligne toutefois que rien ne prouve que les jeux vidéo par exemple sont à l’origine de l’épilepsie chez les enfants au point de les interdire. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com