Jeunes et grandes causes : «Je-m’en-foutisme généralisé»





Changer le monde, croire et défendre la patrie, les racines, les croyances socio-culturelles, les valeurs humaines, semblent perdre de leur poids de génération en génération. Les jeunes d’aujourd’hui semblent indifférents à ces bonnes causes. Témoignages. Tunis-Le Quotidien Les jeunes d’aujourd’hui sont-ils en train de devenir de plus en plus indifférents par rapport à leur vécu? Certes, cette question s’impose d’elle même dans la mesure où il est rare qu’on rencontre des jeunes dont le sens du défi et de la morale sont à un stade très avancé dans leur processus de développement. L’histoire a vu passer des générations qui s’impliquaient corps et âme pour faire évoluer leur société, leur patrie et les richesses morales dans le monde. Elles étaient prêtes à défier le monde justement en ayant pour objectif de changer le monde, en mieux bien évidemment. Paradoxalement les générations actuelles semblent avoir perdu de ce désir de s’investir pour la bonne cause. Cependant la plupart des jeunes d’aujourd’hui s’en désintéressent. A ce propos Walid B, étudiant en Anglais dit que le temps de surpassement de soi pour défendre les grandes causes est révolu avec les vrais militants et révolutionnaires qu’a connus l’Histoire. “Changer le monde nécessite, en fait, une idéologie, un background, des références et des repères culturels, sociaux, économiques, politiques. une vision avant-gardiste de la situation. Chose que la plupart des jeunes d’aujourd’hui entre autres moi même n’ont pas” dit-il. C’est également l’avis de Nesrine Béji, 24 ans, étudiante en psychologie. “Défendre une cause quelle que soit son importance est le fruit d’une éducation, d’une mentalité réformiste qui nécessite des concessions de la part de chacun de nous en faveur de l’autre. Il est vrai que notre éducation et notre culture reposent sur la solidarité. Cela, dit-elle ne se manifeste que dans les aspects éphémères de la vie”, explique-t-elle. Les sociétés ont de plus en plus tendance à se baser sur l’individualisme. Chacun cherche ses propres intérêts pour pouvoir survivre le plus longtemps possible. Bilel Néji, diplômé de l'école de commerce se demande “pourquoi se casser la tête pour une cause déjà perdue. On ne peut changer les choses en mieux que si toute la communauté s’y met de façon solidaire et unifiée. La minorité n’y peut rien faire à la prédominance de la majorité encore et toujours indifférente, passivement et consommatrice”, dit-il. La culture de l’éphémère, le matérialisme, la recherche du plaisir instantané, du bien-être individuel, bref des richesses matérielles plutôt que celles morales, a fini par aveugler la plupart de la jeunesse qui ne vit que pour l’instant présent sans penser aux générations futures. Wissal HASNAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com