Nucléaire iranien : Le scénario libyen ne fonctionnera pas avec Téhéran





L'Iran a indiqué hier qu'il rejetterait toute proposition européenne pour un arrêt total de son programme d'enrichissement d'uranium comme l’a fait la Libye, mais s'est dit prêt sous conditions à proroger sa suspension. Le Quotidien-Agences Paris, Londres et Berlin ont annoncé avant-hier, lors d'une réunion du G8 à Washington, qu'ils présenteraient la semaine prochaine de nouvelles propositions à l'Iran pour obtenir un arrêt de ses activités d'enrichissement contre le droit d'importer du combustible nucléaire pour ses futures centrales. "Nous envisagerons positivement toute proposition (européenne) reconnaissant le droit de l'Iran à maîtriser la technologie nucléaire civile dans le cadre du TNP et de la clause de sauvegarde", a dit Hossein Moussavian, un responsable au Conseil suprême de la sécurité nationale. "Mais l'Iran n'est pas prêt à accepter un arrêt (de l'enrichissement). Toute série de propositions comprenant un arrêt du cycle du combustible sera rejetée", a dit Moussavian, également membre de l'équipe de négociateurs sur le dossier nucléaire. Il a ajouté que l'Iran attendait de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et des pays occidentaux qu'ils reconnaissent ses droits légitimes de maîtriser le cycle du combustible nucléaire dans le cadre du Traité de non prolifération (TNP). * Oui... si Dans ce cas, la République islamique est prête à "envisager la prolongation de la suspension de l'enrichissement d'uranium" et à discuter de nouvelles initiatives qui donneraient des garanties à long terme que ce cycle du combustible ne sera jamais dévié vers des objectifs militaires, a-t-il affirmé. Hier, le ministère français des Affaires étrangères a répété que la France et ses partenaires du G8 avaient pour objectif "la suspension complète" par l'Iran de ses activités d'enrichissement d'uranium, soulignant que "le temps presse" dans la perspective de la session de l'AIEA prévue le 25 novembre. "L'Iran est définitivement ouvert à des mesures de confiance, une totale coopération avec l'AIEA et une totale transparence et à toute mesure qui donnerait à la communauté internationale l'assurance que les activités d'enrichissement seront toujours pacifiques et ne seront jamais déviées vers des objectifs militaires", a dit Moussavian. "S'il y a un manque de confiance sur nos activités d'enrichissement futures et la crainte d'une déviation vers la bombe atomique, ce chapitre reste ouvert et l'AIEA peut mettre en place les mécanismes nécessaires pour s'assurer que ces activités resteront toujours pacifiques", a-t-il ajouté. Mais il a répété que "le cycle du combustible est un droit légitime de tous les membres" de l'AIEA. "Un arrêt total (des activités d'enrichissement) sera une discrimination à l'égard d'un membre de l'AIEA dans l'application du TNP et de la clause de sauvegarde". * Le modèle libyen Les diplomates européens affirment vouloir pousser l'Iran à accepter un accord sur le modèle libyen qui a accepté de renoncer à ses activités nucléaires en échange d'une normalisation de relations politiques et commerciales. "La formule libyenne ne fonctionnera pas avec l'Iran. L'Iran est un pays avec une histoire millénaire, des ressources humaines considérables. Avec un tel pays, on ne peut pas discuter comme avec la Libye. Et puis, nous avons d'ores et déjà la technologie nucléaire, nous avons le savoir-faire", a dit Moussavian. "Nous sommes préparés à des mesures de confiance, mais à condition que les droits légitimes de l'Iran soient respectés de même que le contenu de l'ensemble des propositions (européennes). Est-il vendable? Sont-ils sérieux d'appliquer l'ensemble des propositions"? a-t-il demandé. "La méfiance est réciproque. Si les Européens et les Américains ne font pas confiance à l'Iran, nous ne leur faisons pas confiance non plus", a-t-il dit.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com