Londres cède à la demande américaine de redéploiement : Un coup de pouce à Bush





Londres s’apprête à céder à la requête américaine de redéployer des troupes de Bassorah vers Bagdad, en dépit des réserves formulées par l’opposition et de la colère des médias face à ce qui est perçu comme un coup de pouce politique à George Bush. Le Quotidien - Agences Au lendemain de l’intervention du ministre de la Défense Geoff Hoon aux Communes, le secrétaire au Forein office Jack Straw a ajouté hier à l’impression que la décision est prise malgré les précautions oratoires affichées. «Nous nous dirigeons évidemment vers une réponse positive», a concédé Straw à la BBC (radio) estimant que Londres «laisserait tomber son allié si elle disait non» à un redéploiement des troupes britanniques qui serait «justifié opérationnellement». Le feu vert n’a certes pas encore été donné officiellement pour le déménagement de quelque 650 militaires britanniques actuellement basés à Bassorah vers des zones plus dangereuses, dans le secteur sous commandement américain, en «pays» sunnite. L’avis final du chef d’état-major britannique, le général Michael Walker, devrait être donné «dans le courant de la semaine» a seulement indiqué Straw. Quelque 8.500 militaires britanniques sont actuellement déployés dans le sud de l’Irak Tout est fin prêt La presse s’accordait toutefois hier à dire que l’accord officiel de Londres à la requête américaine sera donné demain, lors de la réunion de cabinet (gouvernement restreint) avant d’être annoncé aux Communes par le Premier ministre Tony Blair. Quant aux détails supposés de ce redéploiement en Irak, ils sont dans la presse depuis plusieurs jours, les soldats concernés appartenant semble-t-il au régiment écossais du Black Watch, stationné à Bassorah comme force de réserve. Selon le Times de lundi, 650 hommes du Black Watch devraient être déployés au sud de Bagdad dans des villes comme Iskandariyah, Latifiyah ou Mahmudiyah. Ce bataillon serait renforcé par un escadron de chars challenge 2, portant le total des troupes britanniques concernées à 750 hommes. Quant au Black Watch, il pourrait en cas de besoin être remplacé dans le sud de l’Irak par 600 hommes du Queen’s Lancashire régiment, basés à Chypre. «Ils constituent actuellement notre force de réserve à Chypre et pourraient être appelés si le besoin s’en faisait sentir», a confirmé hier un porte-parole du ministère de la Défense Une affirmation qui semble contredire les propos de Geoff Hoon lundi et de Jack Straw hier selon lesquels le nombre global de troupes britanniques en Irak ne sera pas accru. Le secrétaire au Foreign office a de même insisté hier matin sur le fait que les troupes qui seront impliquées dans ce redéploiement ne resteront pas en Irak plus longtemps que les 6 mois de leur rotation initialement prévue, soit un peu avant Noël en ce qui concerne le Black Watch. * Blair critiqué Critiqué par l’opposition mais aussi au sein de sa propre majorité pour cette opération qui s’apparente pour beaucoup à un cadeau politique de Tony Blair à George Bush dans la dernière ligne droite de l’élection présidentielle américaine, le gouvernement travailliste est aussi la cible des médias depuis plusieurs jours. L’influent quotidien d’affaires «Financial Times» a ainsi pressé hier Downing Sreet de ne pas «s’engager plus avant dans une stratégie américaine en échec» «Mettre la vie de nos soldats en danger pour aider un président américain à se faire réélire est absolument impensable», a pour sa part accusé le «Daily Express» lundi : «Cette aventure en Irak est la pire débâcle de la Grande-Bretagne depuis Suez et Blair ne doit pas être autorisé à la faire encore empirer».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com