«Photocopie : Sonate pour Enragés» : Un cliché entre le passé et le présent





Présentée pour la première fois l’été dernier dans les différents espaces culturels de Tunis et de l’intérieur du pays, “Photocopie : Sonate pour enragés”, une production théâtrale du Centre des Arts Dramatiques du Kef vient de marquer son retour en ce début d’hiver. C’était samedi dernier, à la Maison de la Culture Ibn Khaldoun de Tunis. Bien que la représentation n’ait pas draîné une foule importante, cette pièce est la révélation du mois de Ramadan, puisqu’elle est inscrite au menu mensuel du programme d’animation nocturne du mois saint qui se poursuit jusqu’au 9 novembre prochain, à la Maison de la Culture Ibn Khaldoun. Une occasion donc pour les réalisateurs de cette pièce de conquérir de nouveau le public. Pour parler de “Photocopie” proprement dite, disons qu’elle traite d’un sujet original et même héroïque parfois. Le personnage et héros principal de cette pièce n’est autre qu’une jeune fille. Violée par son beau-père, elle devient alcoolique et se prostitue. Elle vit depuis lors en marge de la société. Devenue aussi clocharde, elle tente malgré tout d’oublier son passé. C’est dans cette quête de soi, qu’elle retrouve un homme troublé qui lui sert de catalyseur. Et c’est encore le retour du passé, mais autrement, puisque la jeune fille tente de se reconstruire de nouveaux repères, dans une situation faite de va-et-vient entre le passé et le présent. Sans trahir le cliché d’un théâtre dramatique et, dans une certaine mesure héroïque, “Photocopie” tente de restituer un drame insolite éclaté dans tous les sens, mais qui réhabilite la force de reconstruction de la mémoire par le mot, le geste et le réflexe. Pleins de talent et de finesse, les deux jeunes performers, à savoir Wafa Taboubi et Moëz Hamza, ont su décrypter avec brio le raccomodage entre la mémoire du présent et celle du passé dans un langage théâtral très expressif qui décrit ce processus comme une évolution et non une rupture entre le passé et le présent. Le décor de “Photocopie”, bien que rappelant la marginalité -puisque la jeune fille s’était réfugiée dans un abri - bus - incite de son côté à la réflexion. C’est aussi un indice de l’arrêt de la gloire, comme l’a dit Wafa Taboubi elle-même avec un cri de désespoir dans la présentation de la pièce. Et de conclure: “Quand la gloire s’arrête, le passé revient”. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com