Un ex-prisonnier jordanien détenu en Israël témoigne : «Le jour de l’arrestation de Saddam Husseïn, nous avons été humiliés»





Le Quotidien-Agences Il s’appelle Amer Ata Al-Raqab. Il a 22 ans et il est de nationalité jordanienne. Il est en outre le dernier prisonnier jordanien à avoir été libéré par les autorités israéliennes en juin dernier. Dans une interview au journal jordanien «Dounia Al Yaoum», Al-Raqab raconte les circonstances de l’arrestation et les conditions de son incarcération avec les prisonniers palestiniens dans les pénitenciers israéliens. «Le 31/08/2001 j’étais en compagnie de mon camarade Soliman Moussa. Ensemble nous nous sommes baignés dans la Mer Morte et nous avons nagé en direction de l’autre rive. Mais avant de l’atteindre, nous avons été surpris par les coups de feu des soldats israéliens. Nous avons été ensuite arrêtés et conduits à Tel Aviv où nous avons été jugés pour tentative d’assassinat et de violation du territoire israélien». Suite à cette arrestation, Al-Raqib a été condamné à 25 ans de prison. Mais il a ensuite bénéficié d’une remise de peine à 20 ans seulement puis à 10 ans. Après quoi, le prisonnier jordanien a chargé un avocat de le défendre. Et au bout du compte il a passé trois ans de prison. * Sanctions et vengeance «Je fus incarcéré tantôt dans une cellule individuelle tantôt avec d’autres prisonniers dans diverses prisons israéliennes. Nous étions au courant de tout ce qui se passe en dehors de la prison», raconte Al-Raqib. «De temps à autre, des agents d’unités spéciales israéliennes investissent nos cellules et nous battent d’une manière extrêmement cruelle.», indique Al-Raqib. «Cela se passe à chaque fois où la Résistance palestinienne entreprend une opération contre les forces d’occupation israéliennes. Ces pratiques de vengeance à l’intérieur des prisons israéliennes sont une monnaie courante», ajoute-t-il. * Une année de plomb «L’année dernière était la plus difficile pour les prisonniers palestiniens et arabes à l’intérieur des pénitenciers israéliens», se souvient Al-Raqib. Cette année-là est celle de la guerre contre l’Irak. A maintes reprises, les unités spéciales israéliennes sont entrées dans les prisons et ont lancé des bombes lacrymogènes avant de passer à tabac les prisonniers dont le sang a coulé à flot dans les cellules et les couloirs des prisons israéliennes», dit-il. Quant à savoir quel est le plus mauvais souvenir qu’Al-Raqib garde de la période de sa détention, l’ex-prisonnier jordanien dit: «C’est celui du jour de l'arrestation de Saddam Husseïn». Ce jour-là, les soldats israéliens se sont moqués de nous en nous informant que «celui qui vous finance est désormais entre nos mains». «Il faut que vous sachiez que personne ne peut défier Israël et ses alliés», ont-ils ajouté.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com