Les jeunes et le monde d’aujourd’hui : La grande déception





Les images véhiculées par les médias pendant ces dernières années prêtent à réflexion… Guerres, attaques, bombardements, mutilations, famine et victimes par milliers. Ces calamités n’ont pas laissé les jeunes insensibles… Ils rêvent tous d’un monde meilleur, un monde où règne la paix. Tunis-Le Quotidien Enfants tués, corps mutilés, honneurs piétinés et femmes chastes violées, tel est en gros le sort réservé, depuis l’invasion, au peuple irakien. Certains jeunes arabes naviguent sur le Web, “chatent” avec d’autres jeunes de tous bords et ne leur portent aucune rancœur… Et devant la télé, quelques enfants demandent: “Dis, papa, pourquoi on tue? Dis maman pourquoi on a renvoyé ces petits palestiniens de chez eux?” Dure est la réponse… Quant à la solution elle reste néanmoins, complexe! Mehdi Dridi, étudiant de 23 ans, pense cependant que la solution est facile à entreprendre “Il suffit d’un geste, d’un mot et on peut changer tout…”.Et d’ajouter: “Si on veut que le monde soit meilleur, il faut y croire profondément mais il ne suffi pas de croire, il faut agir. A mon sens, la cupidité est le premier péché à l’origine de toutes ces guerres et toutes les catastrophes que l’humanité a subies. Je crois que la première chose à faire dans ce cas est de respecter les droits de l’homme. Les droits de l’homme sont les seules garants pour une vie libre et digne. Ici, je remarque la contradiction entre ce que prétendent l’administration américaine et ce qui se passe réellement. Pour un pays qui respecte les droits de l’homme, il est impossible de faire subir tant de cruauté aux prisonniers de guerre à la prison d’Abou Gharib!…”, explique-t-il. Mehdi, pense par ailleurs qu’il est très important que les jeunes de tous bords soient en communication. Pour lui, ce lien permettra aux adultes de demain d’être plus “cléments”. “A mon avis, notre rôle en tant que jeunes arabes est de ne pas rompre les liens avec les jeunes occidentaux. Je suis contre tout acte extrémiste. Au contraire, il faut que nous parlions, que nous discutions ne serait-ce que pour garantir un avenir meilleur aux enfants de demain. Mais seuls, les jeunes ne sauront pas résoudre le problème. Il faudrait que les associations et les organisations agissent au nom de la paix et des droits de l’homme”, conclut-il. D’autres, pensent que toutes les cruautés et tous les dépassements que subissent les populations émanent d’un manque de tact et d’un déficit politique. Yassine Jmili, 23 ans, étudiant en littérature française, croit que les meilleurs des politiciens sont ceux qui arrivent à garder leur pays à l’abri des guerres. “La Tunisie, bien qu’il soit un pays du tiers monde a bien su rester à l’abri des colonisations et du terrorisme. Par ailleurs, je trouve que les opérations suicides ou kamikazes ne réduisent en rien les guerres ou les catastrophes. Au contraire, les gens civils s’entre-tuent et il ne s’agit plus dans ce cas de solutions mais davantage de citoyens tués qui n’ont rien à voir avec la guerre. Or, la solutions réside à mon avis dans le tact et l’intelligence politique. La cupidité et l’entêtement des uns a malheureusement un coût très élevé que les citoyens payent de leur sang, leur honneur et leur vie”, dit-il. En ce qui concerne les jeunes, Yassine pense qu’il faut essayer de comprendre les dessous de la guerre. “Il faut rechercher les origines pour pouvoir remédier à bien les choses. Il ne faut pas écouter une seule voix. Il faut fouiller, analyser et essayer de jouer le rôle de partisans de la paix. Créons une nouvelle conception pacifiste d’un monde meilleur et ce à travers la création de sites Web par exemple. Il faut promouvoir l’image arabe et que l’on en finisse avec cette réputation de terroristes qui nous a été collée à tort”, exprime-t-il. * Travaillons! Là est la solution Certains jeunes se sentent “frustrés” par rapport à ce qui se passe partout dans le monde. Mohamed Tahar Arfaoui, 26 ans, étudiant-chercheur, pense qu’à l’heure actuelle un monde meilleur “ne peut être qu’un rêve”. “Comment peut-on revendiquer des droits à des pays desquels nous sommes partiellement dépendants. C’est à nous, les jeunes arabes de travailler dur et de prouver que nous sommes capables de créer, d’inventer et de réussir. L’avenir d’un pays dépend de nous, les jeunes. Seuls le travail, l’analyse et la recherche vont nous garantir une auto-défense. D’autre part, je trouve que tout ce qui se passe a des raisons historiques. La Palestine subit aujourd’hui les conséquences d’une histoire ambiguë et la seule solution est la cohabitation entre Palestiniens et Israéliens”. Taher en a marre de voir ces vies sacrifiées en vain; pour lui il n’est plus question de parler, il faut agir: “Pourquoi les pays développés ne se contentent pas de ce qu’il ont déjà? Pourquoi cette guerre injuste contre l’Irak juste pour satisfaire leurs caprices , ô combien cupides… Travaillons pour nous protéger, il n’y a pas d’autre issue car nous vivons dans une loi très semblable à celle de la jungle. Alors qu’on essaye au moins de garantir un avenir meilleur pour nos enfants…”, conclut-il. Abir Chemli Oueslati


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com