Projet de résolution euro-américaine sur le nucléaire iranien : Vers des menaces… «implicites»





Les Européens et les Etats-Unis ont conclu un accord à l'arraché permettant l'adoption par l'AIEA à Vienne d'une résolution dure sur le programme nucléaire iranien et ses possibles retombées militaires. Le Quotidien - Agences Après trois jours de discussions serrées, Les Etats-Unis et trois grands pays d'Europe - Allemagne, France et Grande-Bretagne - se sont entendus sur un projet de résolution à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ont indiqué jeudi soir les autorités américaines. Les Américains ont fini par renoncer à fixer un ultimatum au 31 octobre à l'Iran pour se conformer aux exigences et demandes d'explications de l'AIEA ou bien être traduits en novembre devant le Conseil de sécurité des Nations unies en vue de sanctions internationales. Un diplomate européen a indiqué hier que la troïka de l'UE - favorable depuis un an à un dialogue avec les Iraniens - avait obtenu que la menace contre ces derniers soit "implicite" et non pas "explicite". Parmi les 35 Etats du Conseil des gouverneurs de l'agence onusienne réunis depuis lundi, une majorité, dont la Chine, la Russie et les pays Non-Alignés, soutenaient les Européens, en refusant un mécanisme déclenchant automatiquement des sanctions si l'Iran ne répond pas aux attentes. Moscou a répété hier son refus d'une saisine du Conseil de sécurité. Selon des sources diplomatiques, le texte devait être approuvé par les capitales, avant d'être adopté par l'AIEA aujourd’hui voire lundi. Il a déjà été approuvé par le sous-secrétaire d'Etat John Bolton, un des durs de l'administration Bush en charge de la non-prolifération nucléaire, a précisé un responsable du département d'Etat américain. L'AIEA mène depuis 2003 des inspections pour s'assurer que le programme nucléaire iranien est bien destiné à un usage pacifique comme l'affirme la République islamique et non pas militaire comme le disent les Américains. Selon un diplomate occidental, les Etats-Unis ont cependant imposé une "formulation vraiment dure. Il y a l'équivalent de deux limites à respecter impérativement dans le texte», a-t-il dit. Le porte-parole de la délégation iranienne Hossein Moussavian a estimé qu'il ne s'agissait pas d’«une résolution importante". D'après lui, l'Iran, qui souligne son droit à produire de l'électricité nucléaire, se préoccupe d'abord du rapport du directeur général de l'AIEA, Mohamed El Baradei, en novembre, "et de la décision finale du conseil" des gouverneurs, a dit Moussavian. Selon Moussavian, les Américains "ont besoin de cette propagande pour l'élection présidentielle américaine". Le projet indique que l'Iran doit "impérativement" clarifier "avant la réunion du conseil du 25 novembre les questions en suspens" avec l'AIEA, telles que les "sources et les raisons d'une contamination à l'uranium enrichi et l'importation, la fabrication et l'utilisation de centrifugeuses".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com