Embargo contre la Libye : L’Italie force la main à l’Europe





L'Italie a décidé de forcer la main à ses partenaires au sein de l'Union européenne pour obtenir la levée de l'embargo partiel de Bruxelles contre les autorités de Tripoli, estimant que cela facilitera la lutte contre l'immigration clandestine. Le Quotidien-Agences Les autorités de Rome ont même franchi un pas supplémentaire, affirmant que si l'UE ne parvenait pas à trouver un accord à l'unanimité, l'Italie ne respecterait plus les mesures pesant contre la Libye. "Nous travaillons pour obtenir la levée de l'embargo contre la Libye", a déclaré hier le ministre de l'Intérieur, Giuseppe Pisanu, au cours d'une conférence de presse dans la capitale italienne. "Nous pensons que la semaine prochaine nous pourrons résoudre le problème, c'est-à-dire obtenir la levée de l'embargo", a ajouté M. Pisanu, évoquant une réunion prévue à Bruxelles. "La semaine prochaine, soit nous aurons l'unanimité, soit nous irons de l'avant même sans unanimité en vertu d'une règle qui nous le permet. Cette règle dit textuellement qu'en cas de nécessité absolue liée à l'évolution d'une situation et en l'absence d'une décision du Conseil, les Etats membres peuvent prendre d'urgence les mesures nécessaires, tenant compte des objectifs généraux de l'action commune", a expliqué le ministre. "Nous ferons appel à cette règle en évoquant, certes, l'intérêt spécifique de notre pays, mais aussi l'intérêt général de l'Europe car, et je le répète pour la énième fois, le problème de l'immigration africaine n'est pas un problème italien, mais un problème complètement européen", a-t-il ajouté. Plus de 800 immigrés clandestins en provenance de la Libye ont débarqué le week-end dernier sur les côtes italiennes, portant le total à près de 10.000 personnes depuis le début de l'année. L'Union européenne avait allégé en 1999 les sanctions contre Tripoli, mais avait maintenu une série de mesures restrictives portant sur certains matériels, notamment militaires, que la Libye réclame pour pouvoir surveiller plus efficacement ses frontières. Le président du conseil Silvio Berlusconi n'a pas évoqué hier au cours d'une conférence de presse la levée de cet embargo, mais a estimé que le cadre général du problème de l'immigration clandestine était "très satisfaisant" grâce à l'activité de son gouvernement et aux accords conclus avec les pays d'origine et de transit des immigrés clandestins.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com