3 Questions à Ramla Chemli, présidente de la Chambre syndicale régionale de l’Enseignement de base privé : Le secteur du privé recèle parfois des abus





Diplômée de l’Institut de hautes études commerciales et titulaire d’un troisième cycle dans cette discipline, Ramla Chemli a choisi de faire carrière dans l’enseignement privé endossant ainsi des responsabilités syndicales au sein de l’UTICA. Elle parle au cours de l’entretien accordé à notre journal des rapports étroits entre l’enseignement public et privé et des problèmes qui entravent la bonne marche du secteur. • Le Quotidien: L’enseignement privé est-il un concurrent ou un complément de l’enseignement public ? - Ramla Chemli: A l’issue d’une modeste expérience d’une vingtaine d’années dans l’enseignement privé d'abord en ma qualité d’enseignante, ensuite en ma qualité de directrice de l’école Abdelhakim Chemli “L’Etoile”, j’ai pu, à travers les diverses responsabilités occupées, appréhender à sa juste mesure le rôle combien important de l’enseignement privé en Tunisie comme appoint et catalyseur d’un label de qualité du service d’utilité publique qui est: “L’éducation et l'instruction des jeunes et futures générations”. Etant moi-même la fille d’un des pionniers de l’école privée en Tunisie, en l’occurrence feu Abdelhakim Chemli, j’ai eu la chance, en côtoyant mon père, d’assimiler les principes généraux de base ayant guidé l’implantation d’un enseignement privé. Après le Changement du 7 novembre 1987, cet enseignement s’est consolidé et a pris de l’ampleur sur le plan institutionnel par des incitations à l’investissement sous diverses formes d’encouragements fiscaux et logistiques tendant à instaurer un enseignement d’excellence par le biais du concept “L’école de demain” au sein de laquelle tout un chacun quelle que soit sa place dans la hiérarchie sociale bénéficie d’un droit à un enseignement axé sur les compétences touchant à toutes les instances de la personnalité et un enseignement favorisant l’appropriation des langues étrangères au sein de contextes significatifs. De ce qui précède, il ressort que la philosophie initiale et actuelle de l’enseignement privé en Tunisie constitue un complément incontournable et indispensable à l’enseignement public puisqu’il allège les charges de l’Etat et participe à l’effort d’investissement extraordinaire fourni par ce dernier et permet d’un côté, en aval, la réinsertion sociale des enfants en difficulté scolaire et, en amont, d’assurer un enseignement d’élite et de qualité pour les élèves doués. Néanmoins, il y a lieu de mettre en exergue le rôle d’émulation du secteur de l’enseignement public puisque l’enseignement privé de qualité assuré par certains établissements privés par l’introduction de plus value “les classes à effectif réduit - la spécialisation d’enseignants qualifiés - l'enseignement de soutien individualisé, ainsi que l’apport pédagogique supplémentaire accordé aux élèves doués”, a constitué une locomotive et un concurrent loyal au secteur public qui a essayé de suivre l’exemple d’établissements qui ont réussi par la formation de jeunes générations qui se sont imposés sur le plan international en accédant aux universités étrangères (polytechnique centrale, art et métiers etc...) reconnues mondialement. • En votre qualité de présidente de la Chambre syndicale régionale de l’enseignement de base privé, pourriez-vous nous préciser le rôle et les attributions de cette Chambre? - Cette Chambre est une structure qui relève de l’UTICA (Union Tunisienne pour l’Industrie, le Commerce et l’Artisanat) et qui joue un rôle professionnel et corporatif de promotion et de dynamisation du secteur de l’enseignement privé. En effet, à l’instar des autres secteurs, elle se réunit périodiquement et selon un calendrier préétabli. Elle est toujours à l’écoute des requêtes, suggestions et recommandations de ses membres. De cette manière, elle contribue à la résolution des problèmes des différents promoteurs du secteur par son rôle consultatif en émettant des avis et en formulant des propositions de réforme du secteur qui sont attentivement suivies par les autorités compétentes. • Quelles sont les failles de l’enseignement privé et comment y remédier? La maxime connue «nul n’est parfait” s’applique à tout ce qui est humain et cette vérité n’épargne pas notre secteur qui, d’une manière générale, reste sain mais recèle parfois des failles et des abus. Il n’échappe à personne que le ministère de l’Enseignement, en tant qu’autorité de tutelle et par l’entremise de la Direction générale de l’enseignement privé, a mis en œuvre depuis quelques années (mai 1994) un cahier des charges assez élaboré basé sur la loi n° 65-91 ainsi que les décrets 670 de 1993 et des textes subséquents. Cet arsenal juridique a quadrillé le fonctionnement des institutions privées et les soumettant à des normes strictes et obligatoires permettant parfois à certains établissements d’atteindre l’excellence en leur accordant le statut d’école «Pilote». Pour atteindre ces objectifs, il faut pallier toutes les défaillances qui peuvent exister en essayant au sein de l’UTICA de sensibiliser la profession qui doit respecter le cahier des charges et éviter les déviations qui peuvent parfois surgir tels que: - le recrutement d’un personnel peu qualifié ou d’un staff administratif mal formé, - l’absence de salles spécialisées, de cour, de salles aérées, etc… - un manque d’hygiène au niveau du sanitaire qui laisse à désirer ainsi que la concurrence déloyale en détournant du personnel et de la clientèle par le biais du courtage. Entretien réalisé par Lotfi TOUATI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com