Téhéran hausse le ton : «Israël doit être rayé de la carte»





L’Iran s’est dit déterminé à aller au bout de son programme nucléaire civil tout en affirmant qu’«Israël doit être rayé de la carte». Le Quotidien-Agences L'Iran est résolu à mener à bien son programme nucléaire même s'il faut se soustraire à tout contrôle international, a clamé le président Mohammad Khatami lors d'une parade exaltant la puissance militaire de la République islamique. Malgré les déclarations répétées que le programme nucléaire national est purement civil, l'affirmation de la détermination iranienne s'est accompagnée du déploiement d'une partie de l'arsenal balistique du pays, flanqué de banderoles proclamant l'anéantissement d'Israël et des Etats-Unis. «Israël doit être rayé de la carte» et «Nous écraserons l’Amérique sous nos pieds» proclamaient les banderoles. "Nous avons fait notre choix et c'est aux autres (les Occidentaux) de faire le leur", a lancé le président dans un discours prononcé à l'occasion des commémorations de la "Défense sacrée", appellation officielle de la guerre contre l'Irak (1980-1988). La communauté internationale doit "reconnaître notre droit naturel (à l'énergie nucléaire), alors nous pourrons accepter la supervision internationale". Sinon, a-t-il ajouté, "nous allons continuer sur notre voie, même si cela aboutit à un arrêt de la supervision et de la coopération internationale". Le dirigeant chargé du nucléaire, Hassan Rohani, a déjà brandi dimanche la menace d'une telle rupture après l'adoption, la veille par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), d'une résolution vigoureuse à l'encontre de l'Iran. L'AIEA, qui enquête depuis plus d'un an et demi en Iran pour s'assurer qu'il ne fabrique pas secrètement la bombe atomique, donne à Téhéran jusqu'au 25 novembre pour faire en sorte que tous les doutes soient levés sur la nature de son programme nucléaire. L'agence, redoutant un détournement de technologie à des fins militaires, presse l'Iran de suspendre "immédiatement" toutes ses activités d'enrichissement d'uranium. Elle réserve les mesures qu'elle pourrait prendre. Parmi elles figure la saisine du Conseil de sécurité. Les responsables iraniens ont rejeté la résolution, fruit d'un compromis entre Américains et Européens. Les Iraniens font valoir qu'aucun traité n'interdit l'enrichissement à des fins civiles. "Que nous soyons sous la supervision internationale ou pas, nous ne cherchons en aucun cas à fabriquer la bombe atomique car c'est contraire à notre religion et à notre culture. Nous sommes opposés aux armes atomiques", a réaffirmé Khatami. Les adversaires de l'Iran risquent cependant de tirer argument du traditionnel battage militariste auquel donne lieu l'anniversaire de la "Défense sacrée". De la tribune officielle, Khatami a vu défiler les équipements de toutes les forces armées, en particulier deux exemplaires du missile conventionnel Chahab 3, à la portée annoncée de 1.300 à 1.700 km, un Chahab 2 et un Chahab 1, selon le commentateur de la manifestation. "Nous détruirons nos ennemis sous les frappes de nos missiles", a lancé dans les haut-parleurs le speaker. "Les missiles Chahab 3 de différentes portées nous permettent de détruire les cibles les plus éloignées", a-t-il ajouté. Les progrès annoncés par l'Iran de son programme balistique renforcent les préoccupations de la communauté internationale, inquiète que les Chahab 3 ne servent de vecteurs à des charges nucléaires. Mohammad Khatami a redit le refus de reconnaître l'existence d'Israël: "L'existence du régime sioniste est une menace non seulement pour la région, mais pour le monde entier". "Le régime sioniste a transformé un petit territoire en plus grand arsenal d'armes nucléaires, chimiques et bactériologiques", a-t-il lancé. Il a aussi exalté la puissance militaire iranienne comme moyen de dissuasion: "Nous devons être forts pour défendre notre intégrité territoriale et cette puissance doit dissuader les autres de toute agression".


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com