Jeunes et autorité parentale : La prise de décision en question !





Même si leur mot fétiche s’avère être le fameux “non”, les jeunes ne peuvent pas se libérer totalement de l’emprise et de l’autorité parentales. Jugés par certains parents parfois incapables de décider de leur sort, bon nombre de jeunes n’ont pas le droit de faire un choix… D’autres, en revanche, bénéficient d’une liberté de choix… Tunis-Le Quotidien Si élever un enfant est déjà une tâche ardue pour les parents, c’est encore plus difficile lorsqu’il s’agit de gérer les affaires d’un jeune… Avides d’indépendance et d’autonomie, ils revendiquent de plus en plus leurs droits. Les parents ont parfois l’impression que leurs enfants échappent à tout contrôle… Certains parents optent pour la présence, la vigilance et l’autorité avant de laisser leur progéniture prendre les décisions de leur vie. Achraf, 18 ans, élève en terminale, vit harmonieusement avec ses parents. Pour le jeune homme tout est question de mentalité. “Si l’enfant naît dans une atmosphère de frustration, il ne saura jamais être responsable. Mes parents m’ont toujours invité à prendre un choix et à en assumer les conséquences. Je ne me suis jamais senti opprimé, au contraire, je dialogue toujours avec mes parents… Certes, ils interviennent dans les grandes décisions de ma vie, mais ils ne m’imposent rien, ils me poussent plutôt à réfléchir et mon choix est toujours le fruit d’une réflexion collective entre ma famille et moi-même”. Certains parents peuvent tomber dans l’erreur et imposent parfois un destin qu’ils ont préalablement tracé pour leur progéniture… Ayda Zouari, 23 ans, étudiante, a vécu de près l’échec de ses deux frères aînés suite à “l’autorité extrême de ses parents” :”Mon grand frère voulait devenir sociologue, mon père a toujours rêvé de voir l’un de ses enfants devenir avocat pour concrétiser un ancien rêve qu’il n’a pu réaliser. Résultat: mon frère a été contraint d’étudier le droit et il a échoué. Aujourd’hui, à 40 ans, il n’a toujours pas de travail fixe. Ma grande sœur non plus n’a pas choisi son mari. Ce sont mes parents qui ont décidé à sa place car ils avaient jugé qu’il était un bon parti. Aujourd’hui, elle est divorcée avec un enfant à charge. Après ces échecs, mes parents ont retenu la leçon et avec moi les choses diffèrent. Il m’ont laissé choisir ma branche d’études et c’est moi qui ai aussi choisi mon fiancé… Mais c’est mon frère et ma sœur qui en ont payé le prix…”, confie-t-elle. Pour Haïfa, élève de 16 ans, il n’est pas question de choisir seule: “Mes parents me poussent toujours à décider et à faire des choix dans la vie. C’est plutôt moi qui leur demande toujours conseil. Personne ne peut m’orienter aussi bien que mes parents. Certes, j’arrive à faire des choix dans la vie, mais après en avoir discuté avec eux”, dit-elle. Le mot d’ordre de certaines familles est le dialogue. Mohamed Anis Karoui, 26 ans, maîtrisard, pense être chanceux d’avoir une famille comme la sienne. “J’entends parler de la pression qu’exercent certains parents sur leurs enfants et cela me laisse perplexe. Chez nous, les choses sont différentes. Quand il s’agit de choix décisif, nous nous réunissons tous et la décision est mûrement réfléchie par tous les membres. S’il s’avère que l’un de nous va à l’encontre de tous les autres et qu’il est le principal concerné, on respecte son choix… J’estime d’ailleurs être chanceux. Cela dit, je pense que tout relève du degré d’instruction…”,dit-il. * Adolescents dans la tourmente Il est difficile pour des parents de laisser agir leur progéniture à leur guise quand ils sont encore des adolescents. Abdelghafour, 15 ans, élève, est actuellement en phase de rejet de l’autorité parentale… Le jeune élève pense qu’il doit bénéficier d’un minimum de confiance de la part de ses parents sinon il n’évoluera jamais. “Parfois, mes parents m’imposent les fils de leurs amis… Ils choisissent à ma place mes amis, chose que je refuse. Ceci nous met dans une relation conflictuelle. Lorsqu’on sort et surtout lors des visites à nos proches, ils m’imposent un look de “snob”. Franchement, cela m’ennuie… Moi, je les accepte tels qu’ils sont, eux aussi doivent me faire confiance…”, revendique-t-il. Anis, 16 ans, élève, trouve toujours un plan d’entente avec ses parents. “Mes parents sont assez sévères, il est difficile de les convaincre. Cela dit, je sais qu’ils n’agissent que pour mon bien et j’arrive toujours à renouer le dialogue avec eux”, confie-t-il. Wael, élève de 16 ans, a du mal à se faire entendre au sein de sa famille. Mais il ne lâche pas prise. D’ailleurs, il pense que la confiance se mérite: “Mon père a décidé seul de me transférer de mon lycée et de m’inscrire au lycée Sadiki parce qu’il était proche de son bureau. J’ai refusé catégoriquement. Parfois, mes parents m’imposent certaines choses, mais quand il s’agit de choix décisifs comme l’orientation scolaire, nous prenons les décisions ensemble, heureusement…”, dit-il. A.C.O.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com