Jeune et pudeur : Dérapages à la page





En tant que valeur morale et pierre angulaire du bon comportement en société, la pudeur semble avoir perdu du terrain chez les jeunes. Tunis - Le Quotidien Les liens sociaux sont en perpétuelle métamorphose à travers les générations. Ce qui n’était pas permis naguère est toléré voir autorisé aujourd’hui. Des scènes comme une fille qui rougit et se fait toute petite lorsqu’on la courtise ou un jeune homme qui baisse d’un ton le volume de ses cordes vocales au passage d’une vieille personne… on en voit rarement de nos jours. Les générations précédentes ont souvent reproché aux jeunes d’aujourd’hui de manquer de pudeur. L’attitude de ces derniers est décidément méconnaissable par rapport à celle de leurs parents ou de leurs grand-parents. Il semble à cet effet que la plupart des jeunes donnent volontiers dans «la provoc». Au niveau vestimentaire, comme au niveau du comportement avec l’autre, la métaphormose, pas forcément en mieux, est criarde, selon nos interlocuteurs. A ce propos, Mohamed Bennay, décorateur, dénonce cette dégradation au niveau des valeurs chez le jeune tunisien. «La pudeur et le respect de l’autre s’estompent de jour en jour. On voit des ados en pleine explosion linguistique dans la rue. Sans aucune considération pour les passagers, ils ne cessent de gesticuler et de dire des gros mots en pleine rue. Chose qui ne se passait pas deux décennies auparavant». Amine, étudiant en électronique informatique, est lui aussi sous le choc face à l’exhibition des filles. «Franchement, trop, c’est trop. Je ne suis pas contre le modernisme, mais encore faut-il qu’il soit en harmonie avec notre culture et nos traditions. La gent féminine était si discrète, si respectueuse, si pudique d’ailleurs, c’est ce qui faisait son charme», dit-il. Il est vrai que sur le plan vestimentaire, les médias jouent un rôle très important dans la mesure où leur impact est important. De plus, dans la période de l’adolescence, le processus d’imitation dû à la sublimation par l’image est rapidement fonctionnel. Alaa Eddine, étudiant en économie de gestion, ne comprend pas pourquoi les liens sociaux sont devenus si pauvres. «Beaucoup de jeunes considèrent l’insolence comme un moyen de défense ou de provocation. Il n’y a plus de respect pour les parents, encore moins pour les vieilles personnes», dit-il. La crise de valeurs actuellement vécue dans le monde entier et entre autres dans notre pays est liée en premier lieu à l’éducation au sein de la famille. Cela dit, de nouvelles donnes à savoir le manque de disponibilité des parents vis-à-vis de leurs enfants, à cause du boulot et du stress de la vie quotidienne, l’invasion des technologies de l’information etc, ont fait que la plupart des jeunes manquent de repères dans une société en mutation, tiraillée entre ses propres traditions et les nouveaux acquis résultant de la mondialisation. D’autre part, la question qui se pose aujourd’hui est la suivante : Comment inculquer à nos enfants une éducation basée sur le respect des valeurs quand les parents démissionnent? Une question qui mérite réflexion et qui donne matière à recherche aux sociologues. Wissal HASNAOUI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com