Billet / Sauver les meubles !





La richesse du patrimoine musical classique arabe est aujourd’hui indéniable. Plusieurs chanteurs et compositeurs arabes continuent de puiser jalousement dans cette source intarissable en recomposant de nombreux genres musicaux arabes classiques, même ceux menacés de disparition, comme la «Wasla», la «Tounga» le «Taqtouqa» le «Mawal», entre autres. Mais en menant des recherches minutieuses sur ce patrimoine musical, on se rend compte que peu de documents mentionnent ou sauvegardent par l’écrit les concepts de ces genres musicaux, encore peu connus des chercheurs. Les quelques rares écrits consacrés aux concepts et lexiques de la musique classique arabe sont pour la plupart du temps des productions d’autres maisons d’édition ou d’autres auteurs étrangers à la civilisation arabe. Raison pour laquelle d’ailleurs, les documents ou recherches effectuées sur le patrimoine musical arabe, quel que soit le sérieux avec lequel ils sont menés par les auteurs étrangers, font fi de nombreux genres musicaux classiques arabes, menacés aujourd’hui de disparition. A titre d’exemple, en consultant un lexique consacré aux genres musicaux classiques arabo-andalous, encore connus par les artistes arabes, publié récemment sur Internet, le premier constat qui nous saute aux yeux est que ce document omet de nombreux genres comme la «Wasla», la «Tounga» ou ne donne pas des explications détaillées ou bien en omet carrément certains comme le «Malhun», le «Saïyidi», encore rares, mais qui existent pourtant. L’interrogation principale que soulève aussi un tel constat est la suivante : pourquoi les chercheurs ou les autres arabes affichent-ils peu d’intérêt à la fixation par écrit de ces genres musicaux en voie de disparition au moment où certains chanteurs ont senti l’impérieuse nécessité de réhabiliter certaines de ces compositions? Pourquoi ne pas mettre au point un projet de recherche ayant pour but l’édition d’un dictionnaire des termes et concepts du patrimoine classique arabe et qui sera élaboré à la fois par des compositeurs, des chercheurs et des musicologues arabes? Ces questions méritent aujourd’hui une réflexion et doivent être prises en considération par tous ceux qui sont soucieux de la sauvegarde de ce patrimoine musical en cette période de mondialisation où toutes les cultures et toutes les musiques ont besoin de s’exprimer Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com