Téhéran – Bagdad : La tension monte d’un cran





L’Iran a prévenu hier le gouvernement intérimaire à Bagdad qu’il prenait «très au sérieux» le sort d’un de ses diplomates qu’un groupe armé irakien dit détenir et menace de «châtier», affaire qui renforce la tension entre les deux voisins. Le Quotidien-Agences «Dans cette affaire, l’Iran tient le gouvernement intérimaire pour seul responsable», a déclaré devant la presse le porte-parole du gouvernement Abdollah Ramezanzadeh. «Nous suivons cette affaire que nous prenons très au sérieux», a-t-il ajouté. Selon la télévision iranienne en arabe, «l’armée islamique d’Irak» qui a revendiqué le rapt du consul iranien de Kerbala, «châtiera» le consul si l’Iran ne libère pas 500 prisonniers de la guerre qui a opposé les deux pays entre 1980 et 1988. «L’armée islamique» aurait, à une date qu’on ne connaît pas précisément, donné 48 heures à Téhéran pour satisfaire ses exigences. Ramezanzadeh a réaffirmé que l’Iran ne détenait plus de prisonniers de guerre irakiens. «Le dossier est fermé, l’Iran l’a dit maintes et maintes fois et cela a été confirmé par les organisations internationales», a-t-il dit, «le seul problème en suspens, c’est celui des portés disparus». Tenant les mêmes propos, le porte-parole des Affaires étrangères Hamid Reza Assefi avait toutefois émis des doutes dimanche soir sur l’authenticité du chantage. * Des relations tendues Les menaces sur la tête du diplomate n’en compliquent pas moins davantage les relations entre deux pays qui, sans avoir signé de traité de paix, avaient progressé sur la voie de la normalisation après la chute de Saddam HusseIn. Avec le regain des violences en Irak, le ton s’est durci entre Téhéran et Bagdad. Des officiels irakiens se sont joints aux Américains pour accuser les Iraniens de s’immiscer dans leurs affaires et même d’armer la rébellion des Chiites, majoritaires en Iran comme en Irak. La presse a fait état de multiples arrestations d’Iraniens. Le chef du bureau de l’Agence iranienne à Bagdad a été arrêté la semaine passée avec deux collaborateurs irakiens, par la police irakienne. Mais aucune information n’a été rendue publique sur leur sort depuis. Ramezanzadeh a de nouveau réfuté toute ingérence: «Nous voulons la sécurité, la stabilité, le calme et le progrès pour l’Irak parce que nous considérons que cela est aussi dans notre intérêt national, notre but étant d’aider le peuple irakien». Les accusations de certains officiels irakiens contre l’Iran «proviennent surtout d’anciens Baâthistes, et non des représentants du peuple irakien, ils tiennent le langage de Saddam Husseïn, mais les officiels irakiens nous tiennent un autre langage dans les discussions officielles». Par ailleurs, «aucune date n’a encore été fixée», pour une visite en Iran du Premier ministre irakien Iyad Allaoui, auquel Téhéran a dit avoir adressé une invitation récemment. Ramezanzadeh a cependant souligné que l’Iran «considère toujours comme un pas positif» vers le transfert du pouvoir aux Irakiens la constitution du gouvernement de Allaoui. Si des individus iraniens participent à des opérations-suicide en Irak, «telle n’est pas la politique de l’Iran», a-t-il dit.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com